Enfin un sujet de contentement pour Donald Trump. Son poulain, qui est aussi citoyen des Etats-Unis et a voté pour lui, va accéder à la présidence de la Colombie. Dans un pays profondément divisé, il a manqué à la gauche sortante 250 000 voix sur 26 millions de votants. Il ne restera que deux nations en Amérique latine, pas des moindres il est vrai, pour affirmer encore leur souveraineté face à Washington: le Brésil et le Mexique.
Drôle d’oiseau dans la volière politicienne, cet Abelardo de la Espriella. L’avocat et homme d’affaires multimillionnaire de 47 ans y est entré et en est sorti plusieurs fois. Il a passé de longues années en Floride et, avant cette campagne, il vivait à Florence avec sa belle épouse et leurs quatre enfants. Ses grands-parents venus d’Italie lui ont permis d’obtenir aussi cette nationalité. Sa fortune, ses nombreuses demeures dans le pays et à l’étranger, le fringant plaideur les doit, dit-on, aux juteux mandats dans la défense de divers trafiquants et de paramilitaires d’extrême droite désarmés et poursuivis en justice. D’origine familiale bourgeoise mais modeste, à onze ans, il tenait déjà une épicerie de quartier, et à 16 ans, il dirigeait un magasin de vêtements. A 24 ans, il fondait son cabinet, De la Espriella Lawyers.
Son credo politique? Inspiré du trumpisme mais pas seulement, le «Tigre», comme il se surnomme lui-même, prend pour exemples à suivre le président argentin, Javier Milei, et celui du Chili, José Antonio Kast, qui fut l’ami de Pinochet. Abelardo promet de réduire l’Etat de 40 %, de mettre à la porte 700 000 fonctionnaires et agents publics. Il a gagné le soutien d’un votant sur deux en maudissant «la dérive communiste» et aussi, comme cela se fait ailleurs, une classe politique jugée routinière et impuissante. Lire la suite…