Attaquée, l’armée suisse se rend dare-dare

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En fait, c’est presque par mégarde que le président du conseil d’administration, Jürg Rötheli, a lâché l’info devant le micro d’un journaliste de la radio, tout en se voulant rassurant. Aucune précision officielle. Motus et bouche cousue. On sait cependant que l’attaque a eu lieu à l’automne passé, sur le serveur d’une branche de RUAG située en Virginie (USA). Les pirates d’un groupe dénommé Akira ont obtenu ainsi des données relatives au personnel, des contrats militaires et des protocoles de manipulation d’explosifs. Ces voyous de haut vol exigent habituellement des rançons de plusieurs centaines de milliers de dollars.
Qu’une entreprise privée fragile cède au chantage, cela se comprend. Qu’un organe officiel, militaire de surcroît, ne résiste pas, cela donne un signe désastreux.
Des raisons d’inquiétude du côté de cette grande maison (3000 employés en Suisse), il y en a bien d’autres. Depuis 2020, cinq directeurs généraux se sont succédés à la barre. Une valse qui n’est pas près de finir. Le dernier remaniement date de mars 2026. Et, surtout, les affaires pénales en cours. Un ancien cadre haut-valaisan, qui cumulait des fonctions en Suisse et en Allemagne, aurait modifié des factures entre RUAG Suisse et RUAG Allemagne pour dissimuler ses transactions. Entre 2017 et 2022, il aurait transféré les bénéfices illégaux à une société appartenant à son épouse. Le préjudice est estimé à 119 millions de francs. Après des années de passivité, le dossier a enfin été repris par le Ministère public fédéral en mars 2025. Pas de nouvelles de son avancement en dépit des alarmes lancées par le Conseil fédéral. Quant au présumé coupable, il coule chez lui une retraite tranquille.
Ce n’est pas tout. On vient de découvrir qu’au Mexique, où RUAG avait un contrat pour l’entretien de ses Tiger II, des malversations financières ont été dénoncées. Les accusations portent sur des intermédiaires et sur la gestion du mandat.
Ce sombre tableau ne paraît pas troubler le ministre de la Défense, Martin Pfister. Il n’a qu’un seul refrain: exiger du peuple des milliards en plus. Comment garder confiance en l’armée dans une telle pataugeoire?
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