La Suisse fracturée?

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Dans la salle Krone de Aarberg, raconte la NZZ, après la proclamation du résultat, Thomas Aeschi a lâché ces mots: «Il n’est tout de même pas possible que la Suisse romande et les villes de gauche nous dictent comment la Suisse alémanique doit se comporter.» Le lendemain, il a modéré son propos: «Je ne m’exprimerais plus ainsi aujourd’hui, mais le fait que les Romands deviennent de plus en plus socialistes et naturalisent parfois des étrangers presque sans discernement constitue un problème majeur.» Il a ajouté une curieuse remarque, invoquant «le droit des minorités», «dont la gauche parle tout le temps», pour protéger les Suisses alémaniques conservateurs! Cela pour exiger un vote à la majorité des cantons le jour où sera soumis au peuple le paquet des Bilatérales CH-UE.
C’est sur cet objet que l’UDC va maintenant mettre le paquet. «La lutte contre le « traité de soumission à l’UE » est désormais la priorité absolue», Aeschi dixit. La libre circulation des personnes, le regroupement familial et le droit de séjour permanent restent pour lui un cauchemar. Alors même qu’il existe une clause de sauvegarde permettant de serrer la vis. Il balaie l’objection: «Le Conseil fédéral n’osera jamais s’opposer à la volonté de l’UE.» Peu aimable pour les deux conseillers fédéraux de son parti. Mais sur les problèmes de fond qui ont sous-tendu le débat du 14 juin, ceux-ci «peuvent compter sur le soutien de l’UDC lorsqu’il s’agit d’étendre le réseau autoroutier et de stimuler la construction de logements, en assouplissant les normes de construction au niveau fédéral et cantonal et en limitant le flot de recours.» Le train? L’aide aux crèches? Le plafonnement des loyers? Motus et bouche cousue.
La bataille autour des Bilatérales III a commencé. Elle sera longue et tendue. Dans les règles et l’esprit de la démocratie. Non, Monsieur Aeschi, elle ne tournera pas à la guerre civile!
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