Derrière les conflits récents, de l’Ukraine au Moyen-Orient, se joue une bataille bien plus vaste: celle du contrôle des ressources énergétiques mondiales. Depuis plus d’une décennie, Washington avance ses pions pour consolider sa domination, au prix d’un enchaînement de crises et de déstabilisations. Une stratégie désormais assumée et aux conséquences globales. Premier épisode d’une série d’articles.
On ne comprend rien aux infamies qui se passent dans le monde depuis quinze ans si on ne cherche pas à qui profite le crime. En matière de vilenies et d’agressions, Donald Trump n’a rien inventé: il a simplement accéléré et rendu visible un programme de restauration de la grandeur de l’Amérique qui avait déjà été initié à l’époque de Barack Obama (pivot vers l’Est dirigé contre la Chine), appliqué par Joe Biden (coup d’Etat puis guerre en Ukraine) et surjoué par Benjamin Netanyahu depuis 2023 (purification ethnique de Gaza, destruction du Liban et chaos dans le golfe Persique).
Comme le dit bien le proverbe: quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. Pendant que les opinions publiques étaient sidérées par les vociférations et les foucades de Trump, complaisamment disséquées et relayées par les médias aux ordres, l’empire, devenu flibustier, procédait méthodiquement au pillage des ressources pétrolières et gazières mondiales.
Pendant la décennie 2010-2020, inquiets de voir leur suprématie menacée par l’émergence du rival chinois et le retour de la Russie sur la scène internationale, les Etats-Unis ont essayé de contenir leurs deux compétiteurs, les administrations démocrates se focalisant sur l’affaiblissement de la Russie tandis que les républicaines se concentraient sur l’endiguement de la Chine. Lire la suite…