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Où mène la concentration folle de la richesse?

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 7 novembre 2025 · 15 min de lecture

Où mène la concentration folle de la richesse?
«Crésus recevant un tribut d'un paysan», une peinture de Claude Vignon (1629).

On peut être atterré ou amusé par les débats enflammés du Parlement français autour du budget. Il tarde à empoigner le chapitre des économies si nécessaires mais multiplie les taxes de toutes sortes. Faire payer les riches! Le choc des idéologies. Et si l’on considérait froidement, avec recul, les effets de la concentration des richesses partout dans le monde? Il en sera question au prochain sommet du G20 en Afrique du sud.

Sommaire

Les parlementaires français veulent rétablir un impôt élargi sur la fortune et se chamaillent autour de la distinction entre un capital qui serait productif et un autre qui ne le serait pas, ils imaginent une multitude de traquenards. Fortunés, petits et grands entrepreneurs s’indignent. Personne ne rappelle qu’en Suisse, il existe un impôt sur la fortune; l’un des trois pays européens à le maintenir, avec l’Espagne et la Norvège. Son taux dépend des cantons: entre 0,5 et 0,9 pour mille. Il n’a guère fait fuir les super-riches, qui disposent par ailleurs de divers moyens de payer moins, voire rien du tout: participations dans des holdings internationales, fondations de famille et autres entourloupes. Ce sont plutôt les classes moyennes supérieures qui passent à la caisse. Si quelques personnes fort nanties partent en Italie ou à Dubaï, c’est encore marginal, les milliardaires sont loin de bouder la Suisse: elle en compte depuis quelques années environ 42, selon les dernières estimations. Leur fortune totale est estimée à près de 222 milliards de dollars, un chiffre en hausse constante.

Cas d’école de la concentration des richesses: Le 1 % des contribuables, en Suisse, possède près de la moitié de tous les actifs privés du pays (44 %). D’autres estimations sont encore plus vertigineuses si l’on tient compte des actifs à l’étranger, aussi soumis à l’impôt. Un record parmi les pays occidentaux.

A noter que la fameuse taxe Zucman, qui a échauffé les débats en France, devait s’élever à un minimum de 2 % d’impôt pour les ménages disposant d’actifs de plus de cent millions d’euros. A un taux donc supérieur à la fiscalité comparable en Suisse, où celle-ci ne frappe pas que les millionnaires: un contribuable sur deux y passe. 

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