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Taxer les transactions financières pour désarmer la finance casino

Marc Chesney

Par Marc Chesney · Publié le 10 octobre 2025 · 13 min de lecture

Taxer les transactions financières pour désarmer la finance casino
© Shutterstock

Les volumes vertigineux de produits dérivés échangés chaque semaine témoignent de la dérive d’une finance devenue casino. Ces instruments servent avant tout de support à des paris massifs qui génèrent un risque systémique colossal. L’instauration d’une micro-taxe sur les transactions de produits dérivés permettrait de réduire ce risque, d’enrayer cette finance en roue libre et de soutenir des politiques publiques d’intérêt général.

Sommaire

Dans le monde de la finance, on appelle «produits dérivés» des contrats obligeant les deux parties impliquées – ou permettant à l’une d’entre elles – d’acquérir ou de vendre des actions, des obligations, des devises ou des matières premières telles le pétrole et le gaz à un prix et à une date (ou pendant une période de temps) convenus à l’avance. Les instruments financiers complexes et toxiques que sont les produits dérivés atteignent d’énormes volumes. En Suisse, selon le groupe SIX, qui gère la bourse et publie des statistiques à ce sujet, il s’agit, selon les semaines, de montants variant entre 10 000 ou 250 000 fois le PIB de la Suisse (voir tableau ci-dessous). Voilà qui donne une idée de l’emprise de la finance sur l’économie.  

Comment se fait-il que ces instruments, censés être des contrats d’assurances contre les risques financiers, atteignent de tels volumes? Comment croire que les besoins de couverture financière en Suisse se montent à des dizaines de milliers de fois le PIB et à des centaines de fois le PIB mondial? Car en réalité, l’ordre de grandeur devrait être bien plus faible.

Trade Repository Weekly Statistics – SIX Group, 1.7.2024

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