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L’UNRWA et la livre de chair

Boas Erez

Par Boas Erez · Publié le 10 mai 2024 · 4 min de lecture

L’UNRWA et la livre de chair
Un véhicule de l'UNRWA à la frontière de la bande de Gaza, en 1956. Le panneau indique qu'il est interdit d'entrer sans les autorisations adéquates, sous peine de punition. © Moshe Marlin Levin /Meitar Collection / National Library of Israel

Beaucoup a été écrit ces derniers mois sur l’UNRWA. Le récent «rapport Colonna» commandité par l’ONU à la suite des allégations d'Israël à l’encontre de cette organisation n’a pas mis en évidence de dysfonctionnement notable en son sein. Cela n’a pourtant pas suffit à convaincre nos parlementaires et notre gouvernement de lui confirmer le plein soutien suisse. Que faut-il encore?

Sommaire

Lors d’une discussion sur la situation à Gaza, une jeune femme palestinienne, arrivée il y a cinq ans en Suisse, a raconté combien l’UNRWA avait joué un rôle crucial dans sa vie pendant les 19 ans qu’elle a passés à Rafah.

Un témoignage et quelques chiffres

L’Office s’occupe des écoles, des hôpitaux, des centres de distribution de nourriture, et pour elle c’était le seul contact avec le monde extérieur. Parfois des délégations de l’ONU venaient pour superviser les opérations, et pour voir s’il y avait des besoins exceptionnels, par exemple de la part de malades qui nécessitaient des soins particuliers, comme ce fut le cas dans sa famille (diabète et problèmes psychiatriques). Elle insiste sur le fait que les hôpitaux de l’UNRWA étaient les seuls à donner accès aux vaccins. Le chômage à Gaza est de l’ordre de 85%, ainsi le fait que l’UNRWA donne du travail à de nombreux palestiniens est une source d’espoir, notamment pour les jeunes qui ont eu une formation avancée. Notre témoin, elle, considère avoir reçu une très bonne éducation: elle parle couramment l’anglais, et est actuellement inscrite à l’Université de Bâle, où elle suit les cours en allemand et s’est fait beaucoup d’amis et amies suisses. Lorsque quelqu’un lui demande s’il est vrai que dans les écoles de Gaza on prône l’antisémitisme, elle trouve la question ridicule car l’islam auquel elle a été formée s’inscrit dans la voie tracée par les traditions juive et chrétienne. «Nous croyons au judaïsme, dit-elle, nous ne faisons pas de différence entre les religions». Les autorités politiques palestiniennes sont absentes de son discours, elle semblent n’avoir joué aucun rôle important dans sa vie.

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