Le milliardaire pro-russe à la manœuvre en Géorgie

Publié le 10 mai 2024

Manifestation contre le projet de loi sur « l’influence étrangère » à Tbilissi (Géorgie) devant le Parlement, le 2 mai dernier. © Capture d’écran France 24 / Alexandra QUARINI

On parle – trop peu – de ce petit pays (3,7 millions d’habitants), au carrefour des flux de pétrole et de gaz, sur la mer Noire, à la frontière de la Russie, de la Turquie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Candidate à l’entrée dans l’Union européenne, la Géorgie connaît ces jours de vives tensions.

Entre d’une part le gouvernement et le Parlement qui préparent une loi sur les «interventions étrangères dans l’information», au modèle russe, d’autre part la Présidente, Salomé Zourabichvili (72 ans), francophone, qui fut même diplomate au service de la France. Elle milite pour le rattachement au camp occidental et compte de nombreux partisans. Ceux-ci ont vivement manifesté ces dernières semaines à Tbilissi.

Libération brosse le portrait de l’homme qui tire les ficelles du parti majoritaire «Rêve géorgien», Bidzina Ivanichvil (68 ans). Il a bâti une fortune colossale dans les années 1999 et 2000 dans la métallurgie, l’immobilier, la pharma et l’agriculture. Selon Forbes, il pèse 4,9 milliards de dollars. Brièvement Premier ministre en 2012, il prônait le rapprochement avec l’UE et le «pragmatisme» avec Moscou. Officiellement retiré, il garde un réseau de sympathisants dans l’appareil d’Etat. Ses récentes déclarations contre le «militarisme occidental» le font clairement basculer dans le camp de la Russie. En dépit du traumatisme qu’a causé l’annexion par celle-ci de deux pans du pays, l’Ossétie du sud et l’Abkhazie en 2008.


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