«Lorsque la peur domine, les décisions ne sont plus rationnelles»

Publié le 10 mars 2023

Centre de vaccination Covid-19 à la rue du Cendrier, à Genève, en septembre 2021. – CC BY-SA 4.0

Le professeur Pietro Vernazza, virologue jusqu’à récemment à la tête de l’hôpital universitaire de St.-Gall, est une des voix critiques qui se sont faites entendre pendant la crise du Covid. Ce pourquoi il a été vivement attaqué dans certains journaux, et même traité d’assassin! La «Neue Zürcher Zeitung» vient de l’interviewer sur le bilan qu’il tire aujourd’hui de la politique sanitaire.

«La peur a été le facteur décisif de la pandémie. De nombreux journalistes ont été poussés par la peur et ont considéré la pandémie sous l’angle de cette émotion. Il en va de même pour les représentants des autorités, les politiciens et même les scientifiques. Lorsque nos sentiments sont dominés par la peur, les décisions ne sont pas rationnelles.»

Le bilan? Il serait important de le tirer objectivement, examiner ce qui était fondé et ce qui ne l’était pas, preuves en mains. Mais Vernazza n’y croit guère: «La Confédération veut éviter cela. Les médias n’ont pas non plus grand intérêt à ce que l’on y regarde de plus près.»

Ce qui le dérange? «Je ne trouvais pas correct de faire appel à la solidarité pour un vaccin que l’on connaissait à peine et dont on savait qu’il ne protégeait pas de la transmission » Et plus précisément? «Il aurait fallu faire quelque chose pour les personnes âgées en particulier! Il y a eu très tôt de bonnes approches. Intéressant par exemple le soi-disant « miracle d’Elgg », une maison de soins dans le canton de Zurich, où presque tous les résidents ont été infectés par le virus. Aucun d’entre eux n’a été blessé, aucun n’est mort. Tous les résidents avaient reçu régulièrement de la vitamine D. La vitamine D est bon marché, facile à prendre et bien tolérée. Et pourtant, il n’y a pas eu de recommandation de la distribuer à titre préventif… Nous savons depuis longtemps que la...

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