Publié le 11 novembre 2022

Meeting de Marine Le Pen à Lille, le 26 mars 2017, pour les élections présidentielles. – © Jérémy-Günther-Heinz Jähnick

Néofasciste, postfasciste, populiste, national-conservateur... N’en jetez plus, la cour de droite est pleine! Les constants succès électoraux de cette mouvance, qui mérite bien ce nom, ont jeté les médias dans l’embarras lexical. Quel nom lui donner? Tentative hasardeuse, car l’actuelle extrême droite est, au sens premier, innommable. Et c’est l’une de ses forces.

Tout d’abord, comment qualifier l’extrême droite et quelle en est la frontière? D’emblée la tâche s’annonce rude car la plupart des formations de ce camp politique refusent cette qualification. 

On distingue néanmoins certains traits communs: nationalisme, défense des classes moyennes contre la concurrence, réelle ou fantasmée, de l’immigration, propension au complotisme, défiance vis-à-vis de tout ce qui est perçu comme «intellectuel», conservatisme des mœurs, racisme non-revendiqué mais constamment présent dans la rhétorique1, méfiance contre les mécanismes d’adaptation aux évolutions.

Ce dernier point surtout la sépare radicalement de la droite libérale qui, elle, cherche à adapter la société aux évolutions qu’elle juge inévitables et rejette le racisme. 

Pourquoi l’extrême droite est… extrême

Même si elle refuse ce positionnement, l’extrême droite mérite bien son nom dans la mesure où elle exacerbe certains contenus idéologiques qui sont présents – à doses plus ou moins homéopathiques – au sein de la droite libérale, comme le patriotisme (forme civilisée du nationalisme) et le conservatisme des mœurs (même si la droite libérale apparaît très divisée sur ce chapitre). 

Concernant les classes moyennes, l’extrême droite et la droite libérale les défendent toutes deux mais il ne s’agit pas forcément des mêmes classes moyennes (terme d’ailleurs trop vague pour être honnête)! L’extrême droite s’adresse avant tout aux professions qui sont les perdantes du commerce mondialisé alors que la droite libérale mobilise plutôt celles et ceux qui en font partie des bénéficiaires.

Pour progresser dans les opinions, l’extrême droite a besoin de lancer ses tentacules à la fois...

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