L'Espace de Jacques Pilet

La dignité inébranlable des Libanais
Dès les premières heures du cessez-le-feu, des dizaines de milliers de voitures surchargées d’effets personnels, de matelas, ont pris la route du sud. Vers la banlieue bombardée depuis des semaines, vers les villages, eux aussi démolis, dans la partie sud du pays. Comment ne pas s’émouvoir devant l’attachement de ces déplacés à leurs terres, devant leurs dignité et leur courage?

Choc politique majeur en Roumanie
A croire les médias hâtifs, c’est tout simple: un candidat «pro-russe» et «extrémiste de droite» a gagné le premier tour des élections présidentielles en Roumanie, membre de l’UE et de l’OTAN. Evénement bien plus compliqué en fait et porteur de grands enjeux pour l’Europe.

Quand les grands jouent avec le feu
La troisième guerre mondiale en vue? On peut voir dans ce qui se passe ces jours «une tempête dans un verre d’eau», comme disent des généraux de plateau sur une télé française. Ou des menaces de part et d’autre à prendre au sérieux. Les opinions publiques ont plutôt tendance à considérer cela d’un œil distrait par tant d’autres drames, ou comme une série TV compliquée dont on a attend la fin avachi sur le divan. Rappel des faits. Et rappel de l’histoire.

Mercosur: colère en France et sourire en Suisse
Les paysans français furieux bloquent des routes. Et les partis de tous bords applaudissent. Jusqu’à Emmanuel Macron qui affirme que l’accord commercial entre l’Europe et plusieurs pays sud-américains est inacceptable. Etonnant quand on regarde de plus près. Devant le sprint final de cette négociation qui dure depuis 1999, la Suisse se frotte les mains. Car l’AELE (Association européenne de libre échange) dont elle fait partie, avec la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, signera aussi l’accord. Jugé par ceux-ci très prometteur, à la différence de la France.

Léman Bleu a tiré une bonne carte
Côté médias, il pleut tant de mauvaises nouvelles qu’on ne va pas se priver d’en saluer une bonne. Quittant «Le Temps», au regret de tant de ses lecteurs et lectrices, la grande journaliste Laure Lugon-Zugravu rejoint la petite et jeune équipe de la télé genevoise qui monte et que la profession a souvent saluée. A notre tour de saluer ici cette consœur.

A votre bon cœur! Nous, merci, ça va
Reçu au courrier: une grand enveloppe cartonnée, avec un calendrier aux belles images pour 2025. Et un appel aux dons. Pour qui, pour quoi? Pour «le bien-être animal dans le monde entier». La branche suisse de «Quatre-pattes». Son but? Sensibiliser l’opinion, la politique, l’économie à cette cause louable. Mais quand on voit l’appareil à son service, on se pose des questions.

Le sombre tableau de l’Europe
Les dirigeants européens félicitent Trump avec des mines longues comme ça. Sans avoir vu venir une si haute vague ni les fonds dont elle monte. Comme si l’avenir d’ici dépendait de cet évènement. Des conséquences, il y en aura, probablement fâcheuses, pas aussi prévisibles que ne le disent ces jours les «experts» si souvent fourvoyés. Ces messieurs-dames feraient mieux de voir leur propre assiette. Elle a un goût amer.

«La nostalgie n’est jamais légère»
«Tchéquie. La nostalgie n’est jamais légère», Renata Libal, Editions Nevicata, collection «L’âme des peuples», 92 pages.

Que faire face à l’Etat-paria?
Le mot était lâché en mai déjà par l’ex-ambassadeur et consul général d’Israël à New York, Alon Pinkas, révulsé par les agissements de son pays à Gaza, jugeant la réponse au 7 octobre disproportionnée et mal conçue. Il mettait le terme paria au conditionnel: «si cette trajectoire politique persiste». Or celle-ci a pris des proportions inouïes.

Quand les soldats n’en peuvent plus
Gouvernements et états-majors suivent avancées et reculs des guerres à distance, sur les cartes. Les hommes au front les vivent dans leur chair, dans leurs têtes, entre la vie et la mort. Quand elles durent arrive un moment où ils sont moins, ou plus du tout enflammés par les discours belliqueux. Ils commencent à s’interroger sur le sens de leurs sacrifices. Nombre d’appelés préfèrent se cacher, quitter leur pays. C’est le cas en Ukraine. Et, dans une moindre mesure, en Israël.
La Suisse se tait devant le chambardement du monde
Que la rencontre des BRICS à Kazan soit un évènement majeur, difficile de le nier. Quoi qu’il en sorte. La Russie que l’on disait totalement isolée voit accourir de grosses pointures. Les membres du groupe, Chine, Inde, Afrique du sud, Brésil, Ethiopie, Iran, Emirats arabes unis, plus d’autres qui songent à s’en rapprocher, dont l’Arabie saoudite, encore hésitante. Un club de poids face au G7 occidental. Tout un pan du monde.
Et pendant ce temps…
On se lasse de tout. Même du spectacle le plus terrifiant. Le Moyen-Orient ne fait plus guère la une. Et pourtant! Suspense autour de l’Iran. Attaqué? Quand? Comment? Avec quelles conséquences sur l’Europe? On préfère ne plus y penser. Et aussi se détourner des massacres commis ces jours au Liban et à Gaza. Même la Suisse qui aime tant se poser en référence des droits humanitaires et internationaux...

Le paysage contrasté de l’énergie vitale. Entre spleens et élans
Tout un pan de l’Europe péclote. La France d’abord, prise de vertige devant ses déficits abyssaux, paralysée par le cirque des ambitions politiciennes. L’Allemagne officiellement entrée en récession, sa légendaire industrie menacée par les coûts de l’énergie, les délocalisations aux Etats-Unis et la concurrence chinoise. Alors que la face sud se porte mieux. Où va le Vieux Continent? Pour y voir clair, il faut aussi observer ce qui se passe… dans les têtes.

Gare au wokisme!
Une fois franchie la pédante introduction d’un prof de philosophie neuchâtelois, nous découvrons les définitions, les réflexions politiques et les alarmes de notre ami Jonas Follonier, rédacteur en chef du «Regard libre». Survol bienvenu des dérapages d’une idéologie aux contours flous qui s’est étendue ces dernières années, notamment dans les écoles, les universités et à la RTS. Encore à la mode mais de plus en plus contestée. Le hic, c’est que ses tenants les plus revendicatifs sont réticents à débattre.

Israël entre la furie et la peur
Elie Barnavi, historien, essayiste et diplomate israélien dit ainsi le malaise qui saisit son pays et la communauté juive dans le monde: «Israël gagne des batailles mais est en train de perdre la guerre. (…) Nul ne sait où nous allons.» Tsahal est engagée à Gaza, où ce qui reste du Hamas n’est pas encore désarmé, en Cisjordanie, où elle appuie la colonisation accélérée, au Liban où elle bombarde massivement et commence une difficile offensive terrestre. Et elle paraît préparer en plus une attaque de l’Iran. Cette furie belliqueuse tous azimuts commence à faire naître une peur nouvelle, existentielle, au sein de l’Etat hébreu.

La fièvre xénophobe face au choc des réalités
La terrifiante escalade de la guerre au Moyen-Orient ne devrait pas nous détourner des périls intérieurs en Europe. Partout ou presque montent, à divers degrés, les clameurs nationalistes. Les mouvances qui se profilent ainsi sont en progrès en Allemagne, en Autriche, en France et l’une est au pouvoir en Italie. Avec une rengaine: chassez les étrangers! Stop à l’immigration! Or, dans les faits, apparaissent bien des nuances, bien des contradictions… A voir de plus près.
Aidons le Liban!
Que faire dans nos têtes des tragédies et des périls au Moyen-Orient? S’informer, tenter de comprendre les uns et les autres dans une perpective historique, ne pas nous embarquer aveuglément dans le feu croisé des propagandes. Aux bombardements des populations s’ajoutent jusqu’ici ceux des discours.

L’édifice pourri des retraites
Après la claque populaire infligée au Parlement et au Conseil fédéral, les perdants affichent leur gueule de bois et les gagnants leur triomphe. Mais chez ceux-ci rares sont ceux qui remettent en cause l’architecture même des retraites. Compliquée, diversifiée, faisant la part belle à des caisses de pension peu transparentes. Pour beaucoup, un casse-tête.

Le stoïcisme du Liban
Face à l’attaque massive et meurtrière d’Israël, ce petit pays fait preuve d’un courage et d’une solidarité admirables. C’est inattendu car il est profondément divisé entre diverses factions religieuses, l’Etat est faible, l’économie à bout de souffle. Et pourtant...

Les guerres et nous
Avec quelle désinvolture vivons-nous, pour la plupart, ces jours menaçants. On s’est «habitué» aux conflits sanglants. Mais là, ils n’en finissent pas d’enfler, de s’étendre. Quels sont les ressorts profonds de cette escalade infernale? Les décideurs ont leurs visées. Et les opinions publiques, même fort loin des fronts, pourquoi et comment entrent-elles dans les logiques belliqueuses? Les appels à la paix restent si rares…

Amérique latine: la fin d’un rêve
S’il y a une partie du monde où le romantisme révolutionnaire a enflammé bien des coeurs, c’est l’Amérique latine. C’en est fini. A part quelques groupuscules, plus personne n’entonne les envolées à la mode Fidel d’autrefois. Après tant de déconvenues et de drames, tant de dictatures militaire et leurs difficiles sorties, Cuba et le Venezuela, aujourd’hui, finissent d’enterrer les illusions du passé.

Le déni des Suisses devant d’inquiétants clignotants
Français et Allemands sont envahis par les doutes quant à l’avenir de leur économie. Les Suisses, eux, restent ancrés dans leurs rassurantes certitudes. Ces derniers feraient bien d’être plus attentifs. Nombre de nouvelles pas gaies tombent ces jours-ci.

Extrémistes! Fascistes! Populistes! Poutinistes!
La plupart des médias allemands se déchaînent contre l’AfD, formation à droite de la droite, qui vient de faire une percée spectaculaire aux élections régionales de Sachsen et Thüringen, à l’est de l’Allemagne (10% de la population en République fédérale). Alors que les partis qui composent le gouvernement central y ont connu une débâcle. Voici qu’émerge une nouvelle force, avec à sa tête une femme politique brillante, Sahra Wagenknecht, nullement xénophobe mais exigeant de limiter l’immigration, très préoccupée par la situation sociale, vivement opposée à la fuite en avant de la guerre en Ukraine et à l’extension des bases US en Allemagne. Elle est décrite comme alliée de la Russie, ce dont elle se défend. Où mèneront ces attaques polémiques dans le reste du pays? Freineront-elles les gêneurs ou les renforceront-elles?
«Pourquoi les chars russes n’envahiront pas la Suisse»
Tel est le titre du livre paru ces jours chez Favre. Son auteur est le conseiller national (PS) Pierre-Alain Fridez, médecin à Fontenay (Jura), membre de la commission de sécurité depuis 2011. Cet organe composé de représentants politiques, d’experts, de militaires, choisis pour s’aligner sur le dogme dominant. Il vient de la quitter, en opposition aux thèses de la conseillère fédérale Viola Amherd. L’ouvrage apporte un regard large, dûment documenté sur les menaces, réelles et non fantasmatiques, que doit affronter la Suisse.