L'Espace de Jacques Pilet

Trains suisses: «la pire détérioration de l’horaire de tous les temps»
Cela n’en finit pas. Un horaire 2024 des CFF qui pénalise les Romands, Jurassiens et Neuchâtelois surtout mais pas qu’eux. Une modernisation de la gare de Lausanne qui attend la Saint Glinglin. Et voyez ce qui se mijote pour les prochaines décennies...
La vraie histoire d’un accord de paix sabordé
L’Ukraine et la Russie étaient-elles vraiment à bout touchant d’un accord aussitôt après le début de la guerre? Nous le mentionnions dans un précédent article. Depuis lors, Poutine a évoqué cet épisode devant les chefs d’Etat africains qui lui rendaient visite après un passage à Kiev. Cet épisode historique ne doit pas rester balayé. Même si aujourd’hui, la donne s’est encore tragiquement assombrie, même s’il n’est pas question de pourparlers. Pour le moment.

Les dégâts que fait la guerre dans nos têtes
Depuis le début du conflit en Ukraine, de mois en mois, la spirale belliqueuse ne cesse de monter. Avec son train d’horreurs, de sang versés et de destructions. Et nous, au loin, comment réagissons-nous? Comme devant un match de foot! Le nez sur les analyses d’experts qui comptent les points comme des commentateurs sportifs. Les tenants d’un camp et de l’autre s’échauffent, n’aspirent qu’à la victoire des leurs. Mais quasiment aucune clameur ne s’élève pour réclamer d’arrêter tout de suite le jeu de massacre. Du moins en Europe, aux Etats-Unis et en Russie. Car dans le reste du monde, les appels à la paix fusent, toutes sortes de propositions de médiations s’adressent aux belligérants. En Asie, en Afrique, en Amérique latine. Et pourquoi rien en Suisse, pas un mot dans ce sens?

Les couleurs européennes brandies en Pologne
Nous parlions l’autre jour de la loi scélérate adoptée par le gouvernement et le Parlement polonais sur la chasse rétrospective de tout propos qui aurait convenu à la Russie. Quel plaisir dès lors de voir, quatre jours après, une foule immense envahir Varsovie, un demi-million de personnes opposées au pouvoir du parti PiS. Une opposition menée par la «Plateforme civique» de Donald Tusk (centre-droit), rejointe par plusieurs formations.

Le cavalier découvreur du monde
Cette rencontre fait du bien, surtout à qui s’efforce de se désembourber des opinions ressassées et des affrontements de chapelles. Qui est Jean-Louis Gouraud? Ecrivain, autrefois journaliste, grand voyageur, homme d’affaires à l’occasion et plus que tout amoureux du cheval. Plus qu’un loisir, un art de vivre, une façon d’ouvrir les yeux sur les paysages et l’humanité, de rappeler l’histoire aussi. Ce qu’il appelle l’hippologie.

La chasse aux sorcières est ouverte en Pologne
La loi que vient d’adopter le Parlement polonais, aussitôt signée et mise en œuvre par le président Duda, est originale. Elle constitue une «commission» chargée de chercher et réprimer les éventuel porteurs d’une «influence russe» de 2017 à 2022. Une chasse rétrospective donc. Même Erdogan n’a jamais songé à poursuivre d’éventuels opposants avec un tel recul historique!

«Azad» ou les croisements tragiques de l’Histoire
Mélanie Croubalian est une voix familière de la radio romande (RTS), où elle accueille ses hôtes avec une attention curieuse et chaleureuse. Et voilà qu’elle publie un premier roman. Loin, très loin des thèmes à la mode. Mais au cœur de l’actualité et de la grande histoire. Le récit, collé aux réalités, de destinées croisées, de la Syrie, d’où s’enfuient tant d’hommes et de femmes, à l’Arménie au temps du génocide.

Turquie: le suspense est économique
A la perspective d’une réélection du président Erdogan, les commentateurs occidentaux ont dit leur surprise et leur déception. Ils avaient confondu leurs souhaits et les réalités complexes du terrain. Ils avaient surestimé les enjeux sociaux, le vote des femmes, le vote des jeunes, pour ou contre le voile. Et beaucoup n’avaient pas perçu l’opinion des minorités kurdes et chrétiennes, mieux considérées par le régime qu’on ne l’a dit. Celles-ci ont soutenu pour une part appréciable le pouvoir actuel. L’erreur fut aussi de croire que les difficultés et les incertitudes mènent forcément au changement. Elles peuvent déboucher au contraire sur le conservatisme, un fort besoin de sécurité, de stabilité, de conduite forte. D’où la résistance du «reis».

Un ami presque parfait
Pas facile de parler d’un roman où j’apparais comme personnage secondaire, le Jacques Pilet du «NQ» porté par son engagement pro-européen. Les deux héros s’envoient de méchantes piques à ce sujet. Le mot héros n’est guère adéquat, car François et Franz n’ont rien de flamboyant. Le Romand ne se remet pas de s’être fait larguer par sa femme, l’Alémanique est brouillé avec son travail et ne pense qu’à baiser. Deux personnalités que rien ne devrait rapprocher. Une amitié se noue pourtant entre eux, rugueuse, sans cesse brusquée, qui dure pourtant à travers les heurts.

L’insondable culot du patron des CFF
Sur tout l’arc jurassien, de Genève à Bâle, s’élèvent protestations et colères devant l’horaire prévu par les CFF pour 2024. Temps de parcours allongés, changements de trains. Cela ne fait ni chaud ni froid au patron du rail, Vincent Ducrot. Il affiche une mine satisfaite au Téléjournal, heureux de la solution trouvée, «la moins mauvaise possible».

Climat: le piège de la courte vue
La clameur alarmiste du «changement climatique» nous submerge tous, partout, tous les jours. Et voilà qu’un ouvrage extraordinairement documenté vient troubler les certitudes rabâchées. «Sapiens et le climat, une histoire bien chahutée». De Olivier Postel-Vinay, écrivain, à la fois historien et scientifique, ex-directeur de la revue «La Recherche». Il a récemment lâché une phrase qui mérite réflexion: «Ceux qui connaissent le moins le sujet sont sûrs de tout savoir, ceux qui le connaissent le mieux savent qu’ils sont loin de tout savoir.»

«Si un ordinateur est capable de m’imiter, c’est moi le problème»
Vous avez peur du réchauffement climatique, de l’inflation, du prochain désastre bancaire et de la guerre? N’oubliez pas la dernière en date: l’intelligence artificielle qui pointe son nez dans nos jobs et nos vies. Ou au contraire vous rassure-t-elle? Depuis le lancement de ChatGPT en novembre passé, nous tripotons l’engin qui cause si bien et nous passons du frisson au rire, de l’admiration à la détestation.

La Suisse manipulée par l’UBS
Quand saura-t-on comment le Conseil fédéral en est arrivé à l’issue périlleuse et coûteuse du désastre de Crédit suisse? Ce n’est pas demain la veille. Le Parlement traîne les pieds, peu pressé de découvrir grâce à une commission d’enquête les coulisses de l’opération. Et moins pressé encore de mettre en place des garde-fous pour éviter une nouvelle catastrophe avec l’UBS. Un vieux renard de la branche soulève un coin du voile.

La galerie des mégalos au pouvoir ou la dictature de l’image
S’il y a un photographe qui se démène comme un diable, il s’appelle Nicolas Righetti. Un diable qui a de la suite dans les idées. En plus de son activité à Genève, il sillonne le monde pour en rapporter le spectacle de ce qu’il appelle «la dictature des images». Dernier en date, «Superdogan», sorti donc à un mois de l’élection présidentielle en Turquie.
Le CICR ou l’embonpoint humanitaire
La débâcle du Crédit suisse et les actuelles difficultés financières du CICR n’ont rien à voir entre elles. A quelques points près... Les deux institutions, fondées au XIXème siècle, dans des domaines totalement différents, ont marqué l’identité suisse. Et aujourd’hui, dans les deux maisons, des milliers de collaborateurs craignent de perdre leur emploi. Enfin dans les deux cas, beaucoup s’interrogent sur les responsabilités, de nature et de gravité évidemment incomparables. Le Parlement se penche sur la question du Crédit suisse. Et qui au CICR? Là, on est encore dans le brouillard. Comment son budget adopté l’automne dernier a-t-il pu soudain révéler un trou de plusieurs centaines de millions?
«Le soldat disparu», un autre regard sur l’Ukraine
Nous sommes submergés d’images de cette guerre. Et pourtant nous restons si loin de la réalité vécue par ces hommes et ces femmes dans leur chair et leur cœur. Le film de Frédéric Gonseth et Catherine Azad apporte un autre regard. Leur empathie libère la parole. Sujet: les prisonniers de guerre et leurs proches en quête de nouvelles, d’un éventuel retour. Ce qui pose au passage toute la problématique du CICR.

Le Conseil fédéral ne s’embarrasse pas de l’Etat de droit
Ce dimanche soir 19 mars 2023, les Suisses n’en croyaient pas leurs oreilles. Le gouvernement venait de décréter la fusion d’une grande banque au nom symbolique de Crédit suisse, chancelante, avec l’autre géante, UBS, que l’on espère plus saine. Cela sans consulter le Parlement, ni même des experts extérieurs à l’enjeu. Entre soi.

Le jeune Président à la main dure, très dure
Le magazine colombien «Semana» présente le jeune Président du Salvador, Nayib Bukele, devenu une star en Amérique latine. Une polémique entre lui et le Président de la Colombie, Gustavo Pietro, fait grand bruit. Le premier reproche au second de négocier avec les mafias qui contrôlent le marché de la drogue, préférant quant à lui une répression sans freins.

Merci Alain Berset!
Le président de la Confédération a donné deux interviews (au «Temps» et à la «NZZ am Sonntag») qui font du bruit. Il y dit son malaise devant «la frénésie guerrière». Il a aussi parlé de «l’ivresse de la guerre», qui se manifeste dans certains milieux.

Solidarité à géométrie variable
Antioche (ou Antakya) fut la première ville chrétienne dès le IIIème siècle. Ce haut lieu de civilisations, dans le sud de la Turquie, où se côtoient, sur la rue de la Tolérance, églises, mosquées et synagogues, a été réduit en ruines par le tremblement de terre. Toute la région est dévastée. Des centaines de milliers de personnes se trouvent sans abri, peu aidées, beaucoup en quête de refuges bien loin de leurs maisons perdues. Notre solidarité est-elle au niveau de cette catastrophe, sans précédent d’une telle ampleur sur le Vieux-Continent depuis un siècle? Au vu de certaines comparaisons, la question s’avère sensible.

La paix? Quelle horreur!
Les deux femmes allemandes qui ont réuni plus de 600’000 signatures demandant de cesser d’envoyer des tanks en Ukraine et d'entamer des pourparlers de paix, Sara Wagenknecht, députée (Linke), et Alice Schwarzer, idole historique du féminisme, ont appelé à une manifestation le 25 février à Berlin. Treize mille personnes sont venues dans le froid et la neige. L’évènement a rencontré peu d'échos, généralement avec une pluie de critiques. Les attaques dans les médias et sur les réseaux sociaux ont atteint une violence inouïe. Lâches, sottes, payées par Poutine! Une telle colère contre des marcheurs de la paix, on a beau chercher dans les dernières décennies, on ne se souvient d’aucune qui ait atteint un tel de degré de fureur.

Ce que propose la Chine pour l’Ukraine
Le «plan de paix», ou plutôt la position de la Chine face à la guerre en Ukraine, a été accueilli avec scepticisme et beaucoup de critiques dans les médias. Mais Infosperber remarque que le texte n’a guère été diffusé. A chacun de se faire une opinion. Nous le publions donc intégralement ici.

La leçon d’espoir du Liban meurtri
Comment vivre dans un pays à ce point fracassé? L’Etat est en déliquescence, les services publics en capilotade, les banques volent les épargnants, les prix grimpent et la monnaie s’effondre. Les réseaux d’électricité, de gaz et parfois d’eau sont dans la pagaille. Pourtant les villes restent animées, les campagnes cultivées. La vie continue. Quel est le secret des Libanais?

La Suisse plus présente en Syrie qu’il n’y paraît
Avant la tragédie sismique, on ne parlait guère de la Syrie. Il s’y passait pourtant des évolutions notables. Les pays du Golfe qui avaient mené la guerre contre elle aux côtés des djihadistes dès 2011, reconnaissant leur échec, renouent discrètement des relations avec Damas. Chez les Occidentaux, partisans d’un embargo total, certains y songent désormais. Et la Suisse? Elle s’active aussi. Au plan humanitaire depuis des années. Et au plan politique. Sur la pointe des pieds.