L'Espace de Jacques Pilet
Michel Moret entre femmes-lumière et pensées vagabondes
«Besoin de lumière», Michel Moret, Editions de l’Aire, 78 pages.

L’embonpoint humanitaire
La dernière coupe dans les effectifs du Comité international de La Croix-Rouge, 270 postes supprimés à Genève, pose une foule de questions qui tardent à émerger. L’institution a-t-elle été victime de la folie des grandeurs? S’est-elle dispersée dans des tâches que d’autres assument? Qui contrôle effectivement la gestion de cet immense appareil? Pourquoi donc certains Etats contributeurs ont-ils soudain renâclé? Va-t-on vers une réforme drastique de cette maison emblématique? On pourrait élargir la réflexion à d’autres organisations humanitaires, peu transparentes, menacées, elles aussi, après des années confortables, de passer au régime minceur.

L’Afrique bruisse sur Tiktok
Tiktok? Mais c’est pour les jeunets et jeunettes!, entend-on souvent. Attention: la plateforme d’origine chinoise, c’est plus bien plus que cela. Un bal de narcissiques de tout poil, sans doute. Mais aussi un moyen d’expression politique. Les prises de paroles foisonnent ces temps-ci en Afrique. Et en disent long.

Après la vague de coups d’Etat militaires, où ira l’Afrique?
Dernier en date, au Gabon. Ce bastion qui paraissait inébranlable de la Françafrique. Pas moins de vingt putschs dans le pré carré africain de la France depuis 2020! Que cela veut-il dire pour elle, pour l’Europe? Vers qui se tourneront ces pays qui rompent ou prennent plus ou moins leurs distances avec l’ex-colonisateur?

L’armée suisse en surchauffe
Le chef de l’armée suisse, Thomas Süssli, annonce un «plan stratégique de défense» qui nécessite d’ajouter 13 milliards au budget militaire ces prochaines années. Et coopérer davantage avec l’OTAN. Un rapport du Département qui circule en Suisse alémanique parle même de 30 milliards. Quant aux experts consultés par la «Sonntagszeitung», ils évoquent un minimum de 50 milliards. Sur dix ans environ. Quelle mouche a-t-elle piqué ces galonnés?

L’UBS reste une bombe enfouie
Tout est réglé. Passez votre chemin. L’UBS a avalé le Crédit suisse, où est le problème? Cela n’a pas coûté grand chose aux contribuables et ils peuvent dormir tranquilles. Plus besoin des garanties de l’Etat. Tel est le discours. La réalité est autrement plus préoccupante.

Niger: les trous de l’info
Jamais un coup d’Etat en Afrique – il y en eut tant! – n’a provoqué un tel déferlement d’informations. Parce que l’enjeu géostratégique, il est vrai, apparaît de plus en plus clairement. Mais dans tout ce que l’on lit et entend, il y a des trous étranges. Ainsi je ne vois aucune discussion sur la question de la légitimité d’une éventuelle intervention armée contre la junte qui a pris le pouvoir au Niger. Qui serait donc déclenchée, avec l’appui de la France – fort mal prise dans cette affaire –, par la CEDEAO, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest. Son but officiel? «Promouvoir l'idéal d'autosuffisance collective de ses membres et viser également à créer un grand bloc commercial unique par le biais de la coopération économique». De quel droit une telle association pourrait-elle déclencher une guerre contre un pays dont le gouvernement déplaît soudain?

Surveillance du net: un pas vers la censure
Le 25 août entrera en vigueur la loi européenne sur la surveillance des réseaux sociaux (Digital Service Act). Avec de belles intentions: établir des règles plus strictes en matière de confidentialité des données, de protection des enfants, de lutte contre la désinformation et de discours de haine. Mais les déclarations du commissaire Thierry Breton font craindre des dérives autoritaires, des possibilités de censure.

Que faire avec l’Afrique? Outre la France, l’Europe s’interroge. La Suisse aussi
Des coups d’Etat militaires au Sahel, il y en eut tant. La France s’en accommodait fort bien tant qu’elle y voyait son influence maintenue. C’est fini. Le tohu-bohu en cours va au-delà de la crise au Niger, au-delà des drapeaux tricolores brûlés et des pancartes pro-russes. Les Européens, pas seulement à Paris, se posent bien des questions: faut-il, comme à Niamey ces jours, prendre la poudre d’escampette? Durcir le ton, menacer? Composer au contraire avec les juntes militaires? Surtout ne pas se couper des innombrables ressources du continent noir!

Raconter l’amitié, un défi!
L’amour, encore l’amour, cela déborde des rayons de livres. Très bien. L’amitié? C’est plus rare. Et on s’en méfie... Ne serait-ce pas un peu doucereux? Mais voilà que débarque un auteur qui ébouriffe les habitudes, les idées reçues, qui ne cherche pas à briller mais à dire vrai, en vrac, droit au but. Il en ressort un ouvrage, un témoignage émouvants: «Mon ami Pierre».
Alexandre Adler: le volcan s’est éteint
Qui s’intéresse à l’histoire, à la géopolitique, n’a pu passer à côté du phénomène. Alexandre Adler était plus qu’un grand érudit, un essayiste, un journaliste, un écrivain, un brillant causeur. C’était un volcan intellectuel crachant mille flammes éclairantes, pas mal de scories aussi. Et voilà qu’au moment de sa mort paraît un livre d’entretiens avec le journaliste romand Jean-Christophe Aeschlimann.

Coûts de la santé: le scandale suisse
La hausse incessante des primes d’assurance-maladie est la première préoccupation des Suisses, selon le récent sondage de TA Media. Pour 70% d’entre eux. Bien plus que le climat ou l’immigration. Le débat qui s’ouvre porte sur les détails à revoir. Jamais sur le fond: notre système est le plus injuste d’Europe. Scandaleux.

L’Europe vassalisée dans l’escalade… jusqu’au Pacifique
La photo de groupe à Vilnius comble d’aise Joe Biden. Il peut remercier la Russie d’avoir agressé sa proche voisine. Tant d’heureuses retombées pour les USA! La grande famille de l’OTAN ne cesse de s’élargir. La Suède, merci Erdogan, un jour l’Ukraine... quand Zelensky calmera son impatience. Et les amis asiatiques se rapprochent, se laissent entraîner: la Corée du Sud, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande renforcent les «partenariats». Assez loin de l’Atlantique nord... Pour narguer la Chine. Selon les vœux de Washington.

La France effare l’Europe
Comment ce pays a pu en arriver là? Les Européens se frottent les yeux devant les vidéos des effroyables émeutes, devant une évidente violence policière, devant cette foule de jeunes en révolte. Ils se posent bien des questions et ne trouvent pas forcément de réponses en se rendant sur place.

Trains suisses: «la pire détérioration de l’horaire de tous les temps»
Cela n’en finit pas. Un horaire 2024 des CFF qui pénalise les Romands, Jurassiens et Neuchâtelois surtout mais pas qu’eux. Une modernisation de la gare de Lausanne qui attend la Saint Glinglin. Et voyez ce qui se mijote pour les prochaines décennies...
La vraie histoire d’un accord de paix sabordé
L’Ukraine et la Russie étaient-elles vraiment à bout touchant d’un accord aussitôt après le début de la guerre? Nous le mentionnions dans un précédent article. Depuis lors, Poutine a évoqué cet épisode devant les chefs d’Etat africains qui lui rendaient visite après un passage à Kiev. Cet épisode historique ne doit pas rester balayé. Même si aujourd’hui, la donne s’est encore tragiquement assombrie, même s’il n’est pas question de pourparlers. Pour le moment.

Les dégâts que fait la guerre dans nos têtes
Depuis le début du conflit en Ukraine, de mois en mois, la spirale belliqueuse ne cesse de monter. Avec son train d’horreurs, de sang versés et de destructions. Et nous, au loin, comment réagissons-nous? Comme devant un match de foot! Le nez sur les analyses d’experts qui comptent les points comme des commentateurs sportifs. Les tenants d’un camp et de l’autre s’échauffent, n’aspirent qu’à la victoire des leurs. Mais quasiment aucune clameur ne s’élève pour réclamer d’arrêter tout de suite le jeu de massacre. Du moins en Europe, aux Etats-Unis et en Russie. Car dans le reste du monde, les appels à la paix fusent, toutes sortes de propositions de médiations s’adressent aux belligérants. En Asie, en Afrique, en Amérique latine. Et pourquoi rien en Suisse, pas un mot dans ce sens?

Les couleurs européennes brandies en Pologne
Nous parlions l’autre jour de la loi scélérate adoptée par le gouvernement et le Parlement polonais sur la chasse rétrospective de tout propos qui aurait convenu à la Russie. Quel plaisir dès lors de voir, quatre jours après, une foule immense envahir Varsovie, un demi-million de personnes opposées au pouvoir du parti PiS. Une opposition menée par la «Plateforme civique» de Donald Tusk (centre-droit), rejointe par plusieurs formations.

Le cavalier découvreur du monde
Cette rencontre fait du bien, surtout à qui s’efforce de se désembourber des opinions ressassées et des affrontements de chapelles. Qui est Jean-Louis Gouraud? Ecrivain, autrefois journaliste, grand voyageur, homme d’affaires à l’occasion et plus que tout amoureux du cheval. Plus qu’un loisir, un art de vivre, une façon d’ouvrir les yeux sur les paysages et l’humanité, de rappeler l’histoire aussi. Ce qu’il appelle l’hippologie.

La chasse aux sorcières est ouverte en Pologne
La loi que vient d’adopter le Parlement polonais, aussitôt signée et mise en œuvre par le président Duda, est originale. Elle constitue une «commission» chargée de chercher et réprimer les éventuel porteurs d’une «influence russe» de 2017 à 2022. Une chasse rétrospective donc. Même Erdogan n’a jamais songé à poursuivre d’éventuels opposants avec un tel recul historique!

«Azad» ou les croisements tragiques de l’Histoire
Mélanie Croubalian est une voix familière de la radio romande (RTS), où elle accueille ses hôtes avec une attention curieuse et chaleureuse. Et voilà qu’elle publie un premier roman. Loin, très loin des thèmes à la mode. Mais au cœur de l’actualité et de la grande histoire. Le récit, collé aux réalités, de destinées croisées, de la Syrie, d’où s’enfuient tant d’hommes et de femmes, à l’Arménie au temps du génocide.

Turquie: le suspense est économique
A la perspective d’une réélection du président Erdogan, les commentateurs occidentaux ont dit leur surprise et leur déception. Ils avaient confondu leurs souhaits et les réalités complexes du terrain. Ils avaient surestimé les enjeux sociaux, le vote des femmes, le vote des jeunes, pour ou contre le voile. Et beaucoup n’avaient pas perçu l’opinion des minorités kurdes et chrétiennes, mieux considérées par le régime qu’on ne l’a dit. Celles-ci ont soutenu pour une part appréciable le pouvoir actuel. L’erreur fut aussi de croire que les difficultés et les incertitudes mènent forcément au changement. Elles peuvent déboucher au contraire sur le conservatisme, un fort besoin de sécurité, de stabilité, de conduite forte. D’où la résistance du «reis».

Un ami presque parfait
Pas facile de parler d’un roman où j’apparais comme personnage secondaire, le Jacques Pilet du «NQ» porté par son engagement pro-européen. Les deux héros s’envoient de méchantes piques à ce sujet. Le mot héros n’est guère adéquat, car François et Franz n’ont rien de flamboyant. Le Romand ne se remet pas de s’être fait larguer par sa femme, l’Alémanique est brouillé avec son travail et ne pense qu’à baiser. Deux personnalités que rien ne devrait rapprocher. Une amitié se noue pourtant entre eux, rugueuse, sans cesse brusquée, qui dure pourtant à travers les heurts.

L’insondable culot du patron des CFF
Sur tout l’arc jurassien, de Genève à Bâle, s’élèvent protestations et colères devant l’horaire prévu par les CFF pour 2024. Temps de parcours allongés, changements de trains. Cela ne fait ni chaud ni froid au patron du rail, Vincent Ducrot. Il affiche une mine satisfaite au Téléjournal, heureux de la solution trouvée, «la moins mauvaise possible».