Multilatéralisme vs nations et tribus

Publié le 1 octobre 2020

Les Etats-Unis de Donald Trump, par exemple, n’en font qu’à leur tête, sanctionnent les pays récalcitrants, comme l’Iran, sans respecter le droit international, déclarent une guerre économique à leur ancien partenaire devenu leur principal rival, la Chine, et imposent leur droit national aux autres Etats au mépris de leur souveraineté. – © DR

Le multilatéralisme, qui aurait dû être le moyen de faire travailler ensemble les nations du monde, est en train de s’effondrer, menacé tout à la fois par le non respect dont font preuve certaines nations vis à vis d'autres et par une nouvelle tendance au tribalisme.

C’est une affaire entendue, le nationalisme est l’ennemi numéro un d’une société internationale pacifique et démocratique.

L’Europe unie s’est construite sur ce principe et, vu ses douloureux antécédents, on ne peut pas lui donner tort. Sauf que le multilatéralisme, qui aurait dû être le moyen de faire travailler ensemble les nations du monde, est en train de s’effondrer, comme on peut le voir ces jours-ci à l’assemblée générale des Nations Unies à New York. Chaque pays y participe dans le seul but de s’affirmer lui-même et non pour coopérer avec les autres. A commencer par le plus puissant d’entre eux, les Etats-Unis, qui n’en font qu’à leur tête, sanctionnent les pays récalcitrants, comme l’Iran, sans respecter le droit international, déclarent une guerre économique à leur ancien partenaire devenu leur principal rival, la Chine, et imposent leur droit national aux autres Etats au mépris de leur souveraineté.
Lesquels répliquent soit en se soumettant à la loi du plus fort (et là l’Europe a beaucoup à faire pour préserver son indépendance), soit en se rebellant contre ces diktats en revenant à cette politique de puissance qui, après le XIXe siècle, avait conduit l’Europe à s’anéantir elle-même dans ces immenses guerres civiles que furent les deux conflits mondiaux.

Autrement dit, l’affaiblissement de la nation, voulu par l’Occident, est en train de conduire à une crispation de la plus puissante d’entre elle, qui se sent menacée dans son hégémonie, et à un raidissement des nations violentées ou humiliées par l’histoire, Chine, Russie, Iran,...

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