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La défaite de l’université

Jonas Follonier

Par Jonas Follonier · Publié le 5 décembre 2019 · 3 min de lecture

La défaite de l’université
L'École d'Athènes de Raphaël (1508-1512), une allégorie du savoir, de la critique et de la transmission.

Notre ère devient de plus en plus celle de l’enterrement du débat. Si la voix monocorde et bien-pensante d’une grande partie de la presse a déjà bien été décrite, et peut-être même trop, l’université contribue elle aussi à cet abandon de la confrontation entre opinions adverses. La vitalité intellectuelle chute. Tout en douceur. Cela se voit dans certains détails du quotidien académique. Pas plus tard que ce mardi 3 décembre, j’ai assisté à une nouvelle scène surréaliste venant malheureusement appuyer l’état de fait d’une défaite de la pensée à l’université.

Sommaire

L’exemple, que j’ai vécu ce mardi 3 décembre, est édifiant. Veli Mitova, une professeure de l’Université de Johannesburg en Afrique du Sud, a donné un exposé d’une heure sur la «manière de décoloniser absolument le savoir» dans le cadre d’un colloque de recherche en philosophie. Son objectif était de montrer que le relativisme n’est pas une bonne manière d’opérer ce valeureux travail, mais qu’il faut fonder cette déconstruction occidentale sur une conception absolue de la vérité. Tout une intervention sur la manière de «décoloniser le savoir», puisque c’est bien connu, le domaine de la connaissance dans son entier a été colonisé. Du moins, a affirmé la chercheuse, la colonisation a eu des «répercussions épistémiques».

Une «décolonisation du savoir»?

Autrement dit, pour pouvoir comprendre sa conférence et participer à la «discussion», il fallait accepter son présupposé selon lequel il faudrait de manière impérative décoloniser la science au sens large, marquée par un Occident colonialiste. Or, un philosophe – par ailleurs chic type – a osé questionner cet axiome durant le tour de table. Suggérant que, personnellement, il croyait davantage à la médecine occidentale qu’à la médecine africaine pour des raisons pragmatiques et que cela ne faisait pas de lui un méchant colonialiste, il a souhaité avancer de manière concrète et efficace que colonisation et épistémologie n’ont – absolument – rien à voir.

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