Face à la morosité de l’actualité, les grenouilles empaillées d’Estavayer-le-Lac représentant des scènes du quotidien offrent un peu d’autodérision. Car ne sommes-nous pas tous des petits êtres qui croassent et gobent les mouches?
Ici et là, sur les réseaux, tant et tant de propos désabusés, de ras-le-bol. Devant l’indifférence face à l’abominable tragédie de Gaza. Devant le cirque Trump. Devant la foire consumériste. Devant l’impasse des débats échauffés. Telle amie se demande dans quel pays elle respirerait mieux. Telle autre dit préférer l’Afrique ou l’Asie. Comme si l’exil, bref ou prolongé, soulageait les angoisses…
Respect pour ces aspirations de grand large. Mais que l’on me permette une modeste piste pour sortir un instant de cette morosité: l’autodérision. Avec une excursion inattendue… à Estavayer-le-Lac. Au milieu du 19e siècle, un certain François Perrier (1813-1860), issu d’une illustre famille du lieu, après une carrière d’officier au Vatican, se prit de passion pour une technologie à la mode alors, la taxidermie. Il se mit à «empailler» des centaines de grenouilles, à les mettre en scène, tels des personnages dans des scènes familières, au bistrot, à quelque assemblée politique, errant dans la ville… Il voyait dans cet exercice une façon d’ironiser sur notre condition. Ne sommes-nous pas tous des petits êtres qui croassent et gobent les mouches? Ne nous arrive-t-il pas de «grenouiller»?






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