Les biais de pensée de la police, et les nôtres


Pourquoi, à Lausanne, un policier a-t-il aimablement serré la main du chauffard qui avait foncé délibérément dans une manifestation propalestinienne? Au-delà des polémiques politiques, il s’agit sans doute avant tout d’un de ces biais cognitifs comme nous en avons tous.
Alors qu’une manifestation propalestinienne bloquait la circulation à Lausanne, samedi 6 septembre, un automobiliste a foncé dans la foule. Les médias en ont abondamment parlé, le chauffard a été interpellé et a passé deux jours en garde à vue avant d’être libéré. Lors de son interpellation par la police, un détail est à relever. Lorsque l’homme sort de sa voiture, un policier lui serre la main, puis le chauffard inspecte tranquillement les dégâts faits sur son cabriolet BMW par les manifestants alors qu’il roulait à travers eux.
Cette poignée de main a été critiquée, le comportement des policiers avec un chauffard qui aurait pu sérieusement blesser plusieurs personnes a été dénoncé comme «complaisant». De son côté, la police explique que l’agent en question n’était «vraisemblablement» pas au courant de ce qui s’était passé. Cela démontrerait que, contrairement à ce que l’on peut imaginer, les policiers ne communiquent pas très bien entre eux lors d’un incident, fut-il potentiellement grave.
Au-delà des polémiques, l’attitude de la police avec le chauffard relève sans doute essentiellement d’un biais de pensée, appelé aussi biais cognitif. Il s’agit d’une tendance de notre esprit à dévier de la logique ou de l’objectivité. Non volontaires, ces biais sont des raccourcis mentaux que notre cerveau utilise pour traiter rapidement l’information. Ils nous aident à réagir vite.




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