Les délires d’Apertus

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 12 septembre 2025 · 2 min de lecture

Les délires d’Apertus
© DR

Cocorico! On aimerait se joindre aux clameurs admiratives qui ont accueilli le système d’intelligence artificielle des hautes écoles fédérales, à la barbe des géants américains et chinois. Mais voilà, ce site ouvert au public il y a peu est catastrophique. Chacun peut le tester. Vous vous amuserez beaucoup. Ou alors vous serez consternés.

Sommaire

Apertus (belle appellation) se prend les pieds dans les données et n’hésite pas à imaginer des infos hors de toute réalité! Vous découvrirez ainsi que le signataire de ces lignes a prétendument milité au sein de la «section romande» du PLR… Alors que je n’ai jamais adhéré à un parti et que je tiens dur comme fer à mon indépendance politique. Cette réputation en prend un coup avec cette contre-vérité. Agréable constat: l’IA me rajeunit de quelques années. Plus stupéfiant: je serais l’auteur d’un livre, «Les coulisses du pouvoir», paru en 2013, coécrit avec un certain Jean-Claude Kropf dont on ne trouve nulle part la trace. Deux jours plus tard, bingo, encore rajeuni! Et surgit une carrière professionnelle fantaisiste: j’aurais co-créé «le groupe du Matin» et «l’Agefi». Balivernes.

Darbellay à Genève et von der Leyen au Conseil fédéral! 

Demandez à ce machin de vous donner la composition des Conseils d’Etat romands. Actualisée en mars 2024. Ce sera l’éclat de rire. Le Valaisan Darbellay prend le pouvoir à Genève. Toutes sortes d’inconnus au bataillon surgissent dans les gouvernements. Le Conseil fédéral? Stupeur: Ursula von der Leyen est l’une des sept, à la tête du Département des finances! Nouvelles pirouettes le lendemain: le collège passe à huit membres, avec deux noms de personnalités marginales, signataires de manifestes pro-palestiniens. Là, on s’interroge. Sont-ce des caprices algorithmiques ou la main de joyeux farceurs qui font passer un discret message en riant? Si le jeu vous plaît, allez voir du côté des faits historiques. Les réponses seront épicées de détails farfelus. 

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

La foi dans le progrès aura-t-elle raison de notre humanité?

Sciences et technologiesCourrier des lecteursLibre

La foi dans le progrès aura-t-elle raison de notre humanité?

Notre époque entretient avec la science un rapport paradoxal: nous attendons d'elle qu'elle nous sauve mais refusons d'entendre ses avertissements. Cette approche n'a rien de neutre: elle reflète les priorités d'un système qui privilégie l'optimisation technique au détriment de nos choix collectifs, jusque dans notre rapport au soin, au travail ou au débat démocratique. Une contribution de notre lecteur Charles Peloye.

Charles Peloye

Au hit-parade des universités, la Chine bondit, la Suisse résiste

Sciences et technologiesArticle

Au hit-parade des universités, la Chine bondit, la Suisse résiste

Selon les trois grands classements mondiaux des universités, l’enseignement supérieur suisse tire encore son épingle du jeu. Ses deux écoles polytechniques figurent parmi les meilleures mondiales. En revanche, les universités généralistes affichent des résultats plus contrastés. Des écarts qui en disent long sur les choix auxquels l’enseignement supérieur helvétique est désormais confronté.

Guy Mettan

Résister à l’emprise technologique

Sciences et technologiesArticleLibre

Résister à l’emprise technologique

Dans son dernier livre, «Manuel de résistance à l’emprise technologique», Bruno Giussani examine «comment ne pas se laisser manipuler à l’ère de l’intelligence artificielle». L’ouvrage fait le point de la situation et propose des pistes pour «reprendre le contrôle de nos cerveaux». Une réflexion à laquelle nous sommes toutes et tous invités.

Patrick Morier-Genoud

«Project Panama», l’autodafé qu’Anthropic aurait préféré garder secret

Sciences et technologiesArticle

«Project Panama», l’autodafé qu’Anthropic aurait préféré garder secret

En 2024, Anthropic lançait en toute discrétion une opération destinée à acquérir, numériser, puis détruire des millions de livres afin d’alimenter Claude, son intelligence artificielle. Une pratique légale aux Etats-Unis, qui dépasse largement la question du droit d’auteur. A mesure que les machines absorbent notre patrimoine écrit, que restera-t-il de notre rapport aux livres si l’IA finit par s’interposer entre les textes et leurs lecteurs?

Tatiana Crelier