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La contre-productivité d’une loi européenne inadaptée

Bon pour la tête

Par Bon pour la tête · Publié le 25 octobre 2019 · 8 min de lecture

La contre-productivité d’une loi européenne inadaptée
Dans un des «ghettos» d'Agadez, les migrants en partance pour l'Europe attendent le départ. - © Bon pour la tête 2019 / Amèle Debey

En direct du Niger, Claudia Abbt, une Suissesse émigrée au Sahara central il y a bientôt 30 ans, nous partage ses analyses de la situation actuelle à Agadez, et en particulier les conséquences de la loi européenne interdisant la migration. Linguiste, ethnologue et responsable en ressources humaines de formation, Claudia Abbt s’est professionnalisée dans le tourisme et l’artisanat depuis qu’elle a quitté la Suisse.

Sommaire

Claudia Abbt


L’Afrique a toujours été un continent de mobilité. Depuis la nuit des temps, les populations fuient les guerres et les sècheresses. La révolution néolithique, le développement du commerce transcontinental et ses centres commerciaux, l’arrivée des colons, le développement de l’exploitation minière et l’introduction de l’administration territoriale forgent l’histoire du continent. Ces multiples facteurs ont amené des phases de sédentarisation partielle à travers l’Afrique, mais n’ont jamais su contenir la mobilité des gens. C’est elle qui fait vivre les économies africaines, et donc les Africains eux-mêmes, par le biais des caravaniers, des éleveurs, des transporteurs, des commerçants, des mineurs, des travailleurs dans les plantations, des saisonniers, des mercenaires, etc…

Le Niger est avant tout un pays agropastoral. Comme pour le reste du continent, sa construction économique, sociale et culturelle dépend de la mobilité de sa population. Les migrations saisonnières des Nigériens vers les grandes capitales du littoral atlantique au sud, ou bien les pays du Maghreb au nord sont historiques. Elles sont économiquement indispensables au développement des zones de départ des saisonniers, mais aussi aux espaces d’accueil. L’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) ont reconnu l’importance vitale de cette mobilité et ont conçu des règles communes applicables à la libre circulation des personnes et des biens au sein de tous les pays membres.

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Markus Mugglin