Réservé aux abonnés

Réalité parallèle

Johanna Castellanos Dubuis

Par Johanna Castellanos Dubuis · Publié le 13 août 2019 · 5 min de lecture

Réalité parallèle
© 2019 Bon pour la tête / Johanna Castellanos Dubuis

Le besoin urgent de me résumer en une photo tout en ayant l’air classe, responsable, fiable, travailleuse, stable, intelligente, et agréable à regarder, juste pour donner à mon CV une chance d’être lu, ne m'a pas épargné l’inconfort du «devoir mentir». Et faire ainsi partie d’une réalité parallèle. Moi qui suis plus à l'aise derrière un crayon qu’un objectif…

Sommaire

Ce monde parallèle est visible sur Instagram, Facebook, Twitter mais pas seulement. La publicité, les prospectus, les affiches et j’en passe, ne font que mettre en évidence l’existence d’une autre réalité où les gens sont beaucoup plus beaux, plus heureux, plus spéciaux, plus sociables, plus intelligents, plus sportifs, plus actifs… Bref, un monde où les gens sont PLUS tout ce que je suis et ce que je ne pourrai jamais être. Et je ne peux même pas me réconforter grâce au leitmotiv de vieux con «c’était mieux avant», puisque l’art de la tromperie existe depuis près de 200 ans!

Une histoire qui commence avec un suicide

En 1826, la réalité est capturée pour la première fois sur un support stable. C’est Nicéphore Niépce, ingénieur français, qui a réussi l’impensable. Mais Niépce n’est pas le premier nom qui vient à l’esprit en tant qu’inventeur de la photographie puisque il est mort avant de pouvoir présenter publiquement son invention.

Des lors, plusieurs entrepreneurs de l’époque, flairant le potentiel de l’image photographique, entrent en compétition pour savoir qui sera le premier à breveter le procédé.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

«L’actualité, c’est comme la vitrine d’une grande quincaillerie…»

CultureArticle

«L’actualité, c’est comme la vitrine d’une grande quincaillerie…»

Pendant de nombreuses années, les lecteurs et les lectrices du «Matin Dimanche» ont eu droit, entre des éléments d’actualité et de nombreuses pages de publicité, à une chronique «décalée», celle de Christophe Gallaz. Comme un accident hebdomadaire dans une machinerie bien huilée. Aujourd’hui, les Editions Antipode publient «Au creux du monde», un recueil de chroniques parues dans le journal romand mais aussi dans d’autres publications. Rencontre.

Patrick Morier-Genoud

A confondre le verbe et l’action, on risque de se planter

GéopolitiqueArticle

A confondre le verbe et l’action, on risque de se planter

De tout temps, dans la galerie des puissants, il y eut les taiseux obstinés et les bavards virevoltants. Donald Trump fait mieux. Il se veut le sorcier qui touille dans la marmite brûlante de ses colères et de ses désirs. Il en jaillit toutes sortes de bizarreries. L’occasion de s’interroger: quand le verbe se nourrit de lui-même que devient l’action?

Jacques Pilet