
Portraits marquants d’une époque
«Portraits d’écrivains, de Cocteau à Simenon», Yves Debraine, Editions Noir sur Blanc, 205 pages.
Jacques Pilet 10 octobre 2025 10 min de lecture

«Portraits d’écrivains, de Cocteau à Simenon», Yves Debraine, Editions Noir sur Blanc, 205 pages.
Jacques Pilet 10 octobre 2025 10 min de lecture

Au café «Le Bout-du-Monde», il ne reste plus qu'un croque-monsieur à la carte. Va pour le croque jambon-fromage-oignon, et une bière blonde. Une dame visiblement solitaire cherche à entamer la conversation. «Vous êtes architecte? Médecin?» Rien de tout cela, madame: retraité. «Oui, mais avant?» J'hésite à décliner mon état d'ex-journaliste, car ça ne rate jamais: le regard de l'interlocuteur s'anime, il pressent de l'inattendu, de l'extraordinaire, comme si quelque fabuleux secret allait jaillir de cette révélation. Cette étincelle dans les yeux m'accable d'avance.

Vous êtes un peu lassés de côtoyer des gens raplapla, le visage monotone, le propos attendu? Alors faites une cure en lisant l’écrivaine et photographe Maryssa Rachel. Son dernier livre se dit polar mais va bien au-delà de la trame, de la traque des criminels.

«The Bikeriders» de Jeff Nichols revient sur la sous-culture des motards telle qu'elle s'est répandue aux Etats-Unis dans les années 1960. Inspiré d'un fameux livre de photos, il s'en écarte dans sa seconde partie pour raconter les impasses d'un mouvement tiraillé entre quête de liberté et violence. Un film dans la meilleure veine américaine, qui finit pourtant par paraître un peu superficiel.

De passage à Lausanne pour vernir une exposition à Photo Elysée sur le thème du photomaton, l’artiste Christian Marclay nous parle de sa pratique artistique dans le cadre de la célébration des 100 ans du surréalisme. Plus proche du dadaïsme de Marcel Duchamp que du surréalisme d’André Breton, il nous donne des clés pour comprendre l'importance des expositions en parallèle de Man Ray et Cindy Sherman.

Lucienne Peiry qui a dirigé la Collection de l’Art Brut à Lausanne durant dix années, de 2001 à 2011, nous livre, chez l’éditeur L’Atelier contemporain, un recueil inédit de tous les écrits théoriques, monographiques et de la correspondance de Jean Dubuffet concernant l’art brut.

Mardi 22 août dernier, le journal «Le Temps» a publié en Une la photo choc d’un soldat ukrainien qui, par sa mise en scène et son ambigüité, me semble emblématique de la propagande qui entache la couverture du conflit ukrainien depuis le début. A l’examen, elle est même si caricaturale qu’elle finit par dire le contraire de ce qu’on voulait lui faire dire.

L’œuvre de la photographe de presse Sabine Wunderlin documente magistralement les bouleversements qui ont marqué la Suisse ces 40 dernières années, notamment la lutte des femmes et leur arrivée en politique, l’émergence des milieux homosexuels et lesbiens et le mitage du paysage helvétique, ses thèmes de prédilection. Sans parler de l’évolution du photojournalisme. Un livre et une exposition retracent sa carrière.

Avec son dernier essai, «La Vitesse de l’Ombre», paru au printemps dernier, Annie Le Brun nous offre un ouvrage peu commun. A la fois extrêmement personnel et intrigant, il est le prolongement – voire, à rebours, le fondement poétique d’une réflexion qui se poursuit depuis plusieurs années sur le statut de l’image contemporaine, dont les techniques de transmission ont été accaparées par le capital.

La dernière exposition du Musée de l'Elysée de Lausanne, un des deux seuls musées suisses consacrés à la photographie, donne le sentiment qu'on s'est trompé de porte. Au-delà même du contenu de l'exposition et du «message» de l'artiste espagnole Laia Abril, un fait s'impose: on doit lire, et non pas contempler.

S’il y a un photographe qui se démène comme un diable, il s’appelle Nicolas Righetti. Un diable qui a de la suite dans les idées. En plus de son activité à Genève, il sillonne le monde pour en rapporter le spectacle de ce qu’il appelle «la dictature des images». Dernier en date, «Superdogan», sorti donc à un mois de l’élection présidentielle en Turquie.

Le don en 2021 d’un ensemble hétéroclite de photos prises par des anonymes et retravaillées à la main donne lieu à la première exposition consacrée à la photo à la Collection de l’art brut de Lausanne. Sans prétendre à la qualification d’art brut, ces images insolites intriguent d’une manière qui n’est pas sans rappeler les productions déjà abritées par le musée.

Disparu en décembre dernier, le Bernois était un des représentants majeurs du photoréalisme en Europe. L’occasion de redécouvrir ses variations végétales et ses portraits troublants...