L’angoisse des expatriés


Le 29 mars, le Parlement britannique a rejeté, pour la troisième fois, l’accord de sortie négocié entre Theresa May et l’Union européenne, assénant un coup brutal à l’hypothèse d’un départ «ordonné». En cas de «no deal», qu’arrivera-t-il aux Britanniques expatriés d’un bout à l’autre de l’Europe, ainsi qu’aux Européens installés au Royaume-Uni, qui oscillent entre inquiétude et résignation?
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Janvier 2019, dans le sud de l’Italie. Un couple d’Anglais résidant dans les Pouilles semble très pressé de rentrer «au pays». Le chaos qui règne au Parlement britannique a précipité sa décision. Propriétaires de plusieurs animaux, ils ont peur de ne pas pouvoir les emmener avec eux le jour où ils décideraient de quitter l’Italie, dans l’hypothèse où aucun accord entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne ne serait conclu. Et puis, dans ce cas, auront-ils besoin de VISA à chaque voyage? De demander des titres de séjour permanents? Qu’en sera-t-il de leur couverture santé? L’idée d’une telle complication de leur quotidien, à leur âge avancé, a suffi à les dissuader de rester. Comme ce couple, les 1,3 million de citoyens britanniques expatriés dans l’Union européenne vivent dans l’incertitude.
Car, dans l’accord de retrait proposé en décembre 2017, un mois et demi après le référendum, UE et UK se sont entendus sur une liste de droits civiques, établie par le Department of Exiting the European Union. Dans ce document, il est question de libre circulation, de couverture de santé, de pension, d’accès à l’éducation et de regroupement familial, notamment. Mais les expatriés, d’un côté comme de l’autre de la Manche, sont conscients qu’ils ne peuvent s’y raccrocher avec certitude.
Etat des faits
Le 4 avril dernier, le Parlement européen a voté en faveur de l’exemption de Visa pour les citoyens britanniques qui souhaitent faire un court séjour (trois mois) dans l’UE, même en cas de «no deal», pour autant que cette liberté soit réciproquement accordée. Mais rien n’a encore été décidé pour les résidents permanents en dehors du Royaume-Uni. Ni pour les non-Britanniques résidant outre-Manche. En cas de ratification de l’accord avant le 31 octobre prochain (délai accordé à Theresa May par Bruxelles), citoyens britanniques comme européens pourront continuer à circuler et à vivre librement dans leur pays d’adoption jusqu’à la fin de la période de transition, fixée au 31 décembre 2020. Si aucun accord n’est conclu, le Royaume-Uni et les pays membres de l’UE devront alors négocier au cas par cas. Une insécurité qui n’est pas tolérable pour la coalition British in Europe, ni pour l’organisation The 3millions, dont le nombre représente les Européens vivant au Royaume-Uni (3,6 millions, plus exactement).




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