Mais qui donc a lancé le référendum contre l’espionnage des assurés?


La loi approuvée par le Parlement au pas de charge et dans une grande discrétion permet aux assurances d’espionner leurs bénéficiaires avec des moyens dont même la police ne dispose pas, sans l’accord d’un juge, pour traquer les terroristes. Il sera possible d’envoyer des détectives privés pour surveiller les rentiers AI, écouter leurs téléphones, contrôler leurs déplacements à l’aide de GPS… et de drones! Qui a lancé le référendum contre ce texte qui viole allégrement la sacro-sainte sphère privée que l’on brandit pour défendre le secret bancaire? La gauche? Nenni. Les jeunes libéraux qui refusent toute limitation de surfer sur les sites de jeux? Pas du tout. Une femme. Seule au début.
Sybille
Berg est née à Weimar, en RDA. Elle était marionnettiste mais a perdu son job
après un interrogatoire de la Stasi qui avait appris son désir de passer à l’ouest.
Ce qu’elle parvint à faire. Elle pratiqua alors à-peu-près tous les métiers
possibles, suivit les cours de Dimitri au Tessin et s’établit finalement à Zürich
et obtint la nationalité suisse. Elle avait trouvé sa voie: l’écriture.
Auteure de nombreux romans, elle décrit la société allemande d’hier d’aujourd’hui
avec une vivacité acide qui a séduit le public. Six de ses livres sont traduits
en français. Le dernier en date: «Merci bien pour la vie» (Actes
Sud), la pérégrination d’un personnage incertain, assez loufoque, entre l’enfance
est-allemande et Paris en 2030.
La
romancière a la plume fébrile. Elle écrit dans plusieurs titres, dont
Spiegel-online et le site suisse-allemand Republik. Avec une liberté de pensée
et de ton décoiffante. Ses coups de griffes et ses coups de cœur n’épargnent
personne. Lorsqu’elle prit connaissance de la loi sur l’espionnage des assurés,
elle pensa aux méthodes de la Stasi. Et décida d’agir. Par un simple tweet. Trois
heures plus tard, elle avait trouvé au moins deux complices pour passer la
vitesse supérieure. Dimitri Rougy, militant socialiste à Interlaken de 21 ans.
Et Hernani Marques, animateur d’un Chaos Computer Club (!). Ils s’adressèrent
à l’avocat zurichois Philip Stolkin, expert des questions de droits de l’homme,
qui empoigna aussitôt la cause. La pétition lancée sur internet eut un rapide
succès. La collection des signatures se poursuit.




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