Populismes: mélanger tout, brasser et servir chaud


Le mot populisme, beau en soi, n’est qu’un terme vague, dépréciatif, trop commode pour être honnête. Il sert à gauche comme à droite. En Europe comme en Amérique. L’inénarrable Steve Bannon, l’âme damnée de Trump, chassée entretemps de la Maison Blanche, s’en veut le héros mondial. Mal vu désormais à Washington, il a trouvé des oreilles attentives et des regards enamourés en Europe. En Italie chez la Lega d’extrême-droite, à Zurich chez Roger Köppel, patron de la «Weltwoche» et ponte de l’UDC. En France, chez Marie Le Pen. Bannon annonce «un tournant dans l’histoire du monde».
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Et si nous y regardions de plus près. Pays par pays. Pour voir où nous en sommes réellement?
La montée des populismes est un fait. Ce terme, beau en soi, est vague, trop commode pour être honnête. Applicable à des pans de la gauche comme de la droite. Les grands traits communs sont connus: la peur de l’immigration jusqu’à la xénophobie teintée de racisme, l’exaltation de la nation, l’appel au protectionnisme, le discours anti-élites. Mais avec maintes différences d’un lieu à l’autre, des impacts sur la vie politique très variables. Les craintes devant la mondialisation et l’immigration sont certes largement répandues, mais il est faux d’affirmer qu’elles bouleversent tout le paysage politique.
Pas besoin de s’attarder sur la Suisse. L’UDC accueille quelques agitateurs extrémistes comme Köppel mais compte beaucoup de personnalités raisonnables. Simplement alarmées par l’immigration – qui ralentit au point de leur couper l’herbe sous les pieds –, simplement perdues dans le dossier européen et réfugiées dans la rassurante mythologie helvétique. Populiste? Le parti ne mérite pas vraiment cette étiquette floue. D’autant plus qu’il siège au gouvernement. A noter au passage qu’il a une peine de chien à faire élire les siens dans les gouvernements cantonaux, qu’il vient de recevoir une claque monumentale à Zurich, qu’il n’arrive pas à intégrer des Romands à sa tête. Il est entendu dans les campagnes, moins dans les villes. Embêtant. Et une gifle de plus: l’initiative No Billag que ses délégués avaient massivement soutenue a passé à la trappe. On sait comment.




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