Deux romans récents et un recueil de nouvelles confortent l’encanaillement «limite gore» d’un lectorat petit-bourgeois qui se fait peur avec de l’épouvante acclimatée: Marc Voltenauer en tête, dans «Cendres ardentes», plongeant dans les franges criminelles de l’émigration albanaise au Chablais vaudois; Nicolas Verdan, avec «Cruel», autre imbroglio à péripéties sanglantes sous la lumière lémanique; et Nicolas Feuz, redoublant d’humour noir dans ses nouvelles de «proc» affreux-jojo. Mais que fait la police?
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Il fut un temps où notre littérature, sous la double férule du Pasteur et du Professeur, illustrait ce qu’on appelait plus ou moins gravement l’Ame romande, dans la filiation de la Cinquième rêverie d’un Rousseau contemplatif où les songeries sublimes d’un Gustave Roud alternaient avec les promenades d’un Philippe Jaccottet – tous deux s’affairant à grappiller les débris d’une façon de paradis perdu, loin des méchants.
Caricaturant ce spiritualisme poétique, un Friedrich Dürrenmatt parlait alors d’une esthétique de la «rose bleue», alors que son ami Hugo Loetscher, citadin cosmopolite, en appelait à une littérature tournant le dos à l’idylle champêtre ou au repli nombriliste et se frottant plutôt au monde des villes.
Schéma réducteur évidemment, mais le fait est que le roman romand, jusque récemment, n’a guère achoppé à la réalité urbaine et à ses conflits sociaux ou politiques, rarement exacerbés par ailleurs.






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