Radio Free Europe de retour en Hongrie

Publié le 29 octobre 2019

Des habitants de Budapest écoutent la radio dans une cave, durant l’insurrection d’octobre 1956. – © Fortepan / Gyula Nagy

Les entraves à la liberté de la presse se multiplient en Hongrie depuis 2010, sous l'impulsion du Premier ministre Orbán. Radio Free Europe projette de réouvrir son antenne hongroise pour y remédier, au moment où la percée inattendue de l'opposition aux récentes élections municipales redonne un peu d'espoir aux médias non affiliés au pouvoir. Tout un symbole, rien qu'un symbole?

Début septembre, la nouvelle a été reçue comme une gifle par les autorités hongroises. Radio Free Europe, la légendaire radio américaine qui émettait dans le Bloc de l’Est durant la Guerre froide, projette de réouvrir son antenne hongroise depuis Prague. «Szabadság Rádiót» avait cessé ses activités dans le pays en 1993, considérant sa mission accomplie. 

Ennemis publics, pressions et fake news

Depuis 2010, pourtant, l’obsession du Premier ministre Viktor Orbán pour le contrôle de l’information a fait faire un bond dans le passé aux médias magyars. Le classement de Reporters Sans Frontières pour la liberté de la presse place la Hongrie en 87ème position sur 180 pays1, entre la Sierra Leone et Israël, et prend acte chaque année depuis 10 ans de la détérioration de la situation. Les rapports s’entassent pour dénoncer une conjoncture qui n’avait pas été observée depuis l’époque soviétique. RSF, Transparency International, la Commission Européenne … depuis fin 2018, associations et institutions officielles s’alarment du danger que représente la concentration, au sein de la fondation KESMA, de 500 médias (presse écrite, radio, télévision, numérique) afin de «veiller à la préservation des valeurs nationales de la Hongrie.» Dirigée par Gabor Liszkay, proche du pouvoir, la fondation plaide pour le pluralisme et l’équilibre dans les médias: «le discours traditionnel, conservateur, chrétien a été marginalisé; la pensée libérale progressiste est devenue un canon, et ces champions de la tolérance sont fondamentalement intolérants.»

Les médias d’opposition sont quant à eux privés de revenus publicitaires. Si les journalistes hongrois ne déplorent...

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