Locarno à l’heure anglaise: de belles retrouvailles

Publié le 29 août 2025

«It Always Rains on Sunday», de Robert Hamer, 1947. – © DR

La rétrospective «Great Expectations – Le cinéma britannique de l’après-guerre (1945-1960)» du 78e Festival de Locarno n'a pas déçu. Dans un contexte de réadaptation à une économie de paix, le caractère britannique y révèle ses qualités et faiblesses entre comédies grinçantes et récits criminels. Grands cinéastes et petits maîtres ont été également à l'honneur, avec un tiers des titres à présent repris à la Cinémathèque de Lausanne.

Sans doute faut-il avoir l’esprit un peu historien pour vraiment apprécier le cinéma d’un passé relativement lointain. Mais quel voyage que ces rétrospectives qui vous projettent à la fois ailleurs dans l’espace et dans le temps! Explorée au Royaume-Uni après l’Allemagne et le Mexique, la période de l’après-Seconde Guerre mondiale était à nouveau à l’honneur à Locarno cette année. Rien de plus normal: cette époque a vu l’apogée et le déclin du fameux «système des studios», merveilleusement organisé pour le meilleur et terriblement exclusif pour le pire, qui a produit un art aussi passionnant que sophistiqué, marquant pour longtemps nos imaginaires. Et n’en déplaise au jeune François Truffaut, cet art a tout autant existé en Angleterre qu’aux Etats-Unis, en France, en Italie ou au Japon!

Programmateur d’origine iranienne qui a travaillé au British Film Institute, la cinémathèque de Londres, avant de co-diriger Il Cinema Ritrovato à Bologne, principal festival dédié au cinéma de patrimoine, Ehsan Khoshbakht était l’homme de la situation. Qui de mieux que ce cinéphile passionné au regard décalé pour ramener à la lumière ce cinéma pas toujours apprécié à sa juste valeur? A travers une quarantaine de titres choisis parmi le millier produits durant la période, il a remporté le pari d’un programme cohérent et stimulant. Règle d’or de cette sélection: pas de films à l’action située dans le passé ou à l’étranger, pas de films de guerre (le genre alors dominant) ou de fantastique (genre promis à un bel avenir), juste des films qui témoignent...

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