CINÉMA

Gouverner par le spectacle: qui a besoin d’un Etat profond quand on a l’Amérique?
Entre vidéos virales de la Maison-Blanche, divulgations partielles sur les OVNIs et sortie imminente du nouveau film de Steven Spielberg «Disclosure Day», l'Amérique brouille les frontières entre politique, divertissement et imaginaire collectif. Sans qu'il soit nécessaire d'invoquer un complot, un même écosystème nourrit désormais défiance, fascination et récits alternatifs.

Echange de lettres avec Brigitte Bardot
A l’été 2009, la star disparue fin décembre répondait par écrit à une invitation du festival de philosophie que j’organisais à Saint-Maurice sur le thème de l’homme et l’animal. Ces courriers manuscrits, publiés pour la première fois, révèlent la cohérence intime d’un choix de vie radical et souvent incompris, ainsi qu’un geste de profonde humanité.

Orson Welles, grandeur et démesure d’un créateur libre
Que l’on soit cinéphile ou pas, il faut lire «Orson Welles - Vérités et mensonges» d’Anca Visdei. Il en surgit un personnage unique tant il a accumulé de talents: metteur en scène, scénariste, comédien, virtuose à la radio et à la télévision, et chroniqueur politique engagé pour la démocratie. Sa puissance dans le succès comme dans l’échec, ses incessants rebonds, son obstination jusqu’au dernier souffle sont une leçon de vie.

A Iquitos avec Claudia Cardinale
On peut l’admirer dans «Il était une fois dans l’Ouest». On peut la trouver sublime dans le «Guépard». Mais pour moi Claudia Cardinale, décédée le 23 septembre, restera toujours attachée à la ville péruvienne où j’ai assisté, par hasard et assis près d’elle, à la présentation du film «Fitzcarraldo».

Locarno à l’heure anglaise: de belles retrouvailles
La rétrospective «Great Expectations – Le cinéma britannique de l’après-guerre (1945-1960)» du 78e Festival de Locarno n'a pas déçu. Dans un contexte de réadaptation à une économie de paix, le caractère britannique y révèle ses qualités et faiblesses entre comédies grinçantes et récits criminels. Grands cinéastes et petits maîtres ont été également à l'honneur, avec un tiers des titres à présent repris à la Cinémathèque de Lausanne.

Jean-Stéphane Bron plaide pour une diplomatie «de rêve»
Plus de vingt ans après «Le Génie helvétique» (2003), puis avec l’implication politique élargie de «Cleveland contre Wall Street» (2010), le réalisateur romand aborde le genre de la série avec une maestria impressionnante. Au cœur de l’actualité, «The Deal» développe une réflexion incarnée, pure de toute idéologie partisane ou flatteuse, sur les bonnes volontés agissant dans un monde de brutes. On peut encore rêver?

Le sexe au cinéma: un siècle d’échecs
L’histoire du cinéma témoigne qu’il est souvent plus efficace de suggérer les rapports érotiques entre protagonistes plutôt que de les montrer crûment. D’autant qu’ils n’apportent souvent rien à la compréhension du scénario ni à la profondeur des personnages. Moins on en fait, plus on en dit.

Des Nymphéas au smartphone
Premier film de Cédric Klapisch présenté à Cannes en 35 ans de carrière, «La Venue de l'avenir» ne marque pas tant un saut qualitatif que la somme d'une œuvre à la fois populaire et exigeante. En faisant dialoguer deux époques, la nôtre et la fin du 19e siècle des impressionnistes, il a su tirer un film aussi amusant que profond sur la rapide évolution de l'humanité

Passer le flambeau de l’insoumission
Documentaire primé au dernier Festival de Soleure, «Autour du feu» de Laura Cazador et Amanda Cortés, réunit les anciens membres de la dite «Bande à Fasel» et des jeunes militantes anticapitalistes d'aujourd'hui pour comparer leurs idées et leurs expériences.

Quand la lettre et l’esprit de grands livres sont magnifiés sur les écrans
Deux chefs-d’œuvre de la littérature contemporaine, «Expiation» d’Ian McEwan, et «Cent ans de solitude» de Gabriel Garcia Marquez, passent au grand et au petit écran avec un rare bonheur.

Notre inavouable nostalgie du sacré
Des films et des séries à gros budget ont récemment mis en scène et dramatisé des institutions qui, dans un passé encore proche, étaient entourées d'un sacre absolu, comme la papauté ou la monarchie anglaise. Ils masquent mal notre nostalgie collective.

Leni Riefenstahl, mise au point
Son simple nom suscite des réactions épidermiques chez les uns mais ne dira sans doute plus rien aux autres. D'où l'intérêt de ce «Leni Riefenstahl – la lumière et les ombres», documentaire exemplaire signé Andres Veiel, qui récapitule à travers un magnifique travail sur archives le parcours de «la cinéaste d'Hitler». Un film captivant, qui se garde de démoniser cette pionnière tout en pointant ses failles.

Et pourtant…
Avant-première à Lausanne. «Monsieur Aznavour» a su réunir jeunes et vieux. La salle est pleine. L’émotion grandit dans l’attente de la projection. Et puis le film commence. A la fin, échange avec l’équipe du film, fort sympathique au demeurant. Biopic à la hauteur? Certainement pas. Et pourtant, pourtant… Critique et rétrospective.

Quand le cinéma se fait trans
«Close to You» enregistre la transformation de l'actrice hollywoodienne Ellen Page en l'acteur Elliot Page. Après sept ans de silence, le revoici donc dans l'histoire d'un trans canadien qui retourne dans sa famille après une longue absence. Mais malgré cette plus-value d'authenticité, ce petit film déçoit.

Un clown peut en cacher un autre
Film d'une noirceur radicale, «Joker – Folie à deux» anime les conversations cinéphiles depuis sa sortie. En déjouant toutes les attentes après son brillant «Joker» de 2019, Lion d'Or surprise à Venise, Todd Phillips a frappé fort. Jamais sans doute film hollywoodien n'était allé aussi loin dans la déconstruction du romantisme et du divertissement. Suicidaire ou salutaire?

«Emmanuelle» 2024, le désir en question
Réinterprétation plutôt que remake, l'«Emmanuelle» d'Audrey Diwan avec Noémie Merlant surfe sur le vague souvenir du film-phénomène d'il y a 50 ans. Entre porno soft et discours féministe, ce film réimaginé à Hong Kong plutôt qu'en Thaïlande n'est pas sans intérêt. Mais son exploration d'un désir féminin enfin délivré du «male gaze» risque de ne pas convaincre grand monde.


