Réservé aux abonnés

Jean-Stéphane Bron plaide pour une diplomatie «de rêve»

Jean-Louis Kuffer

Par Jean-Louis Kuffer · Publié le 22 août 2025 · 7 min de lecture

Jean-Stéphane Bron plaide pour une  diplomatie «de rêve»
© DR

Plus de vingt ans après «Le Génie helvétique» (2003), puis avec l’implication politique élargie de «Cleveland contre Wall Street» (2010), le réalisateur romand aborde le genre de la série avec une maestria impressionnante. Au cœur de l’actualité, «The Deal» développe une réflexion incarnée, pure de toute idéologie partisane ou flatteuse, sur les bonnes volontés agissant dans un monde de brutes. On peut encore rêver?

Sommaire

Vous n’êtes «pas très séries»? Vous ne regardez plus la télé depuis des années? Vous vous piquez de cinéphilie pour décrier a priori un genre hybride et secondaire, croyez-vous, comme l’est le feuilleton, sous-genre du roman, en oubliant qu’Illusions perdues de Balzac a d’abord été débité en tranches. Vous croyez avoir tout compris des stéréotypes du genre en citant Dallas ou Dynasty? Vous pensez qu’un vrai cinéaste, en Suisse autant qu’ailleurs, ne saurait se commettre à ce jeu-là? Vous en jugez sans avoir vu Neumatt ni The Deal, deux séries suisses qu’on peut dire du dessus du panier, et vous avez tort. Voyez donc Neumatt, cartonnant sur Netflix en dépit de son parler alémanique, et voyez The Deal, malgré son titre «trumpien», et nous en reparlerons…

Quand la série reste du cinéma…

Ce qui est sûr, dans l’immédiat, pour qui a vu les six épisodes de The deal sur la plateforme de RTS Play, avant sa diffusion élargie, c’est que Jean-Stéphane Bron, sans la moindre complaisance, reste bel et bien un auteur de cinéma en se la jouant serial filmeur. Plus même, si vous êtes bousculé par les soubresauts de l’actualité et ne savez plus dans quel monde vous vivez: The Deal, avec honnêteté, sans édulcorer ce qu’il y a de si violent dans le monde actuel, nous ramène à ce qu’il y a de plus humain en chacun de nous et, par-delà les tensions exacerbées, travaille à une indéniable pacification. Des mots que tout cela? Non: des visages. En gros plans scrutant souvent l’intime, mais pas que.

Visages de femmes d’abord, durs et doux. Durs, parce que le sujet l’impose. Le sujet? C’est la négociation, conclue en mai 2015 à Genève entre les Etats-Unis, l’Europe et l’Iran, la Russie et la Chine, avec la Suisse en médiatrice discrète, après deux ans de tractations, visant à limiter le développement du nucléaire iranien supposé danger mondial.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Ormuz miné: le monde sans plan B

ÉconomieArticle

Ormuz miné: le monde sans plan B

Le Guide iranien est mort. Son fils héritier appelle à la vengeance. Ormuz, lui, est bien vivant et il tue à petit feu l'économie mondiale. Un détroit de 24 miles de large miné par des Gardiens de la Révolution sans maître, négocié par des diplomates sans prise, redouté par des marchés sans alternative. Déminer le détroit prendra des mois. Déminer la région prendra des décennies. Le monde vient de comprendre, à ses dépens, qu'il n'avait pas de plan B.

Sid Ahmed Hammouche

Le Warhol que Khomeiny n’a pas brûlé

CultureArticleLibre

Le Warhol que Khomeiny n’a pas brûlé

La République islamique voulait chasser l'influence occidentale. Elle conserve pourtant, dans les réserves d'un musée de Téhéran, l'une des collections d'art moderne les plus précieuses hors d'Europe et des États-Unis — dont personne, pas même le régime qui la détient, ne connaît la valeur exacte.

Michel Santi

Ces vignes qui disparaissent

CultureArticle

Ces vignes qui disparaissent

Info-bagatelle? Peut-être, mais elle fait gamberger quiconque aime les saveurs du vin. La société issue de la coopérative viticole de Lutry, fondée en 1906, Terres de Lavaux, ferme ses portes. De nombreux vignerons de la région arrachent leurs vignes, ne trouvant pas de repreneurs. Et, comme partout, leurs bouteilles se vendent mal. Le paysage géographique et gustatif est en train de changer.

Jacques Pilet

HistoireBrèveLibre

Quand Migros était accusée de « dictature économique »

Bien avant Uber et les plateformes numériques, l’arrivée d’un nouvel acteur capable de bouleverser un secteur économique provoquait déjà des levées de boucliers. À Lausanne, fin 1945, commerçants et artisans manifestaient contre l’expansion de Migros. Le vocabulaire employé rappelle étrangement certains débats contemporains.