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L’ogre, le libraire et l’éditrice

Par Marta Czarska · Publié le 18 avril 2025 · 6 min de lecture

L’ogre, le libraire et l’éditrice
© DR

L’année dernière sortait «Samira au pouvoir», ouvrage d’un auteur jurassien resté quelques temps mystérieux et édité, par manque de moyens, par le service d’autoédition du géant américain Amazon. Un choix qui coûtera cher à la petite maison d’édition suisse Zarka et l’entraînera dans une aventure qui rend compte des difficultés du monde de l’édition en Suisse.

Sommaire

Il y a un peu plus d’un an, un ami m’envoyait un fichier à l’étrange intitulé: «manuscrit impubliable.doc». Après l’avoir lu et adoré, j’ai réussi à convaincre cet ami de publier ce manuscrit. C’est ainsi que sont nées les Editions Zarka et que je me lançais dans une nouvelle aventure professionnelle…

Quelques mois plus tard, ma première publication était là: Samira au pouvoir de Daniela Cattin était disponible en format papier et numérique! Comment cela a été possible sachant que je ne vis que d’une rente partielle de l’AI et que l’auteur ne pouvait pas allouer une somme importante à ce projet éditorial? Eh bien j’ai malheureusement dû faire appel aux services d’autopublication d’Amazon, dont le principal avantage est d’imprimer les livres à la demande et à la pièce. Ainsi, je n’avais pas besoin de payer un imprimeur pour une quantité de livres que je n’étais pas sûre de vendre.

Une mystérieuse autrice… ou auteur?

Les ventes ont été timides les premiers mois après la parution de Samira et n’ont vraiment démarré qu’avec la publication, le 18 octobre dernier, d’un article dans le journal Vigousse, qui qualifiait ce roman «d’ovni littéraire… décalé et jouissif»1. Une promotion ciblée sur les deux Jura, des publications dans divers médias sociaux, des exemplaires offerts… et voilà que des doutes et rumeurs commencent à circuler à propos de la mystérieuse Daniela Cattin. Début janvier, BPLT parlait d’«une autrice jurassienne, paraît-il»; «l’autrice ou l’auteur?»: la question est restée en suspens jusqu’au 7 février 2025. Ce jour-là, le Quotidien Jurassien publiait un article sur «le diplomate auteur d’un mystérieux roman»2 et Jean-Daniel Ruch lui-même – puisque c’est de lui dont il s’agit – confirmait lors de l’émission «Drôle d’époque» sur les ondes de la RTS s’être dissimulé sous un pseudonyme pour la publication de ce qu’il qualifie de «roman de gare».

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