«Au Venezuela, les forces de sécurité tuent nos enfants»


Reportage exceptionnel au Venezuela où vingt ans après l’émergence d’un nouveau rêve socialiste, la population vit dans un gigantesque camp de concentration à ciel ouvert. La révolution bolivarienne a été une tromperie pour tous ceux qui espéraient une vie meilleure, disent aujourd'hui ceux-là mêmes qui l’avaient soutenue. L'argent ici ne vaut rien, à tel point qu'il ne circule même plus. Dans certains quartiers, les enfants ne vont plus à l'école, ils n'ont pas la force d'y aller avec l'estomac vide et sans vêtements. Affamer la population et la mettre à genoux ferait partie de la politique de persécution de Nicolas Maduro. Le président tout juste réélu compterait sur «la démoralisation psychologique du peuple». Deuxième volet: insécurité et exécutions.
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«Quand, en 2015, nous avons entendu Maduro dire à la télévision qu’un déploiement de police allait avoir lieu dans les quartiers pour faire le ménage, j’ai naïvement pensé que c’était pour nettoyer les rues et non pour tuer nos enfants».
Depuis 2015, on compte 8 292 exécutions sommaires, qui, dans de nombreux cas, sont le résultat de raids illégaux et violents menés par les différentes forces de sécurité. © 2018 Bon pour la tête / Domenica Canchano Warthon
Aracelis Sánchez et Milagros César sont parties à la recherche des proches parents d’un jeune homme assassiné. La veille, elles avaient lu dans un journal local qu’un garçon de 16 ans avait été tué par une commission des FAES* (Fuerzas de Acciones Especiales), corps rattaché à la Police Nationale Bolivarienne.
L’adolescent s’appelait Rafael Torrealba et, à 5 heures du matin, sa mère venait de partir travailler, alors que lui et son neveu plus jeune dormaient encore. Selon les journaux, le plus petit a été mis à la porte tandis que l’adolescent a été tué dans le couloir de plusieurs coups de feu. Tué sans raison, comme beaucoup d’autres, comme le fils d’Aracelis Sánchez et de Milagros César.




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