L'Espace de Jacques Pilet

Trouver le juste cap dans la tempête
La tornade qui, en Europe, s’est concentrée sur la Suisse nous laisse ébaubis. Le gros temps durera. Ou s’éclaircira, ou empirera, selon les caprices du grand manitou américain. Les plaies seront douloureuses, la solidarité nécessaire. Il s’agira surtout de définir le cap à suivre à long terme, à dix, à vingt ans. Sur un échiquier mondial chamboulé en profondeur. La tempête actuelle a ceci de bon qu’elle nous oblige à y réfléchir.

La bouderie des auditeurs de la SSR
Les derniers chiffres d’audience de la radio publique sont désastreux. La faute à l’abandon de la FM et à l’incapacité de ses dirigeants à remettre en question le choix de leurs programmes.

La stratégie du chaos
L’horreur du massacre des Gazaouis soulève de plus en plus d’émotion dans le monde, sinon des réactions et des sanctions gouvernementales à la mesure de ce fait historique. Cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger froidement sur ce que veulent Israël et son allié américain au Moyen-Orient. Une stratégie qui ne date pas d’aujourd’hui.

Le cancer de l’Ukraine
La loi votée à Kiev pour supprimer les organes de lutte contre la corruption irrite la population et choque l’UE. Mais elle ravit les parlementaires qui l’ont plébiscitée et dont trois sur quatre sont millionnaires. Ce d’autant que leur mandat est échu.

Du réconfort qu’apportent les grenouilles
Face à la morosité de l’actualité, les grenouilles empaillées d’Estavayer-le-Lac représentant des scènes du quotidien offrent un peu d’autodérision. Car ne sommes-nous pas tous des petits êtres qui croassent et gobent les mouches?

Surveillance, censure: le plan «Going Dark» de l’UE est en marche
Ce vaste programme conçu par l’Union européenne en 2023 a été relancé ce 25 juin. Il s’agit d’inciter les Etats membres à accélérer les mesures de surveillance des réseaux sociaux et même des mails. Pour lutter contre la «désinformation». Autrement dit: ce qui contrarie les discours officiels. Pourquoi cette offensive maintenant?

France-Allemagne: couple en crise
De beaux discours sur leur amitié fondatrice, il y en eut tant et tant. Le rituel se poursuit. Mais en réalité la relation grince depuis des années. Et aujourd’hui, l’ego claironnant des deux dirigeants n’aide pas. En dépit de leurs discours, Friedrich Merz et Emmanuel Macron ne renforcent pas l’Europe.

Comment sauver la radio et la TV publiques?
Pas sûr que la décision prise en faveur d’une plus grande centralisation de la SSR soit judicieuse dans un pays où le régionalisme est de mise. Pas vraiment tendance non plus.

Le fétiche des armes
Des milliards et des milliards en plus pour l’armement. Tous les Etats européens ou presque veulent faire exploser leurs budgets militaires. Pour quels types de défense? pour quelle efficacité? Ils n’en savent rien mais croient dur comme fer que c’est pour leur bien. Cette fortune fantasmatique, c’est leur fétiche.

Transidentité: tapage exagéré?
Selon le site d’information lausannois «L’impertinent», l’intérêt démesuré des médias pour la transidentité relèverait d’une stratégie.

Comment diable s’y retrouver dans le vacarme?
Les soubresauts inouïs de l’actualité internationale ont sur nous divers effets. Les uns ferment les écoutilles, ras-le-bol de l’info. Chez d’autres, tout vient renforcer de vieilles certitudes liées aux camps du Bien ou du Mal. Et puis il y a ceux qui tentent de se faire une opinion propre, basée sur des faits établis. Quel défi! Car les propagandes se déchaînent.

Amis français, que vous arrive-t-il?
Les violences et les dérives constatées lors de la Fête de la Musique du 21 juin dernier en France expriment le mal profond d’un pays nostalgique et souffreteux.

L’aveu d’un barbare
Le ministre de l’Intérieur français a dit tout le mal qu’il pensait de Mai 68, qui «a fabriqué des barbares». Pourtant, ce fut une décennie de vent frais, avec des slogans comme «Il est interdit d’interdire» ou, en Suisse, «Rasez les Alpes qu’on voie la mer».

Le fracas des bombes et les débris du droit
Nous voilà donc plongés dans ce qui, pour celles et ceux qui en sont spectateurs, pourrait être une bande dessinée à suspense. Pour les peuples touchés, il s’agit de l’horreur quotidienne d’une nouvelle grande guerre. Au fracas des bombes s’ajoute, partout dans le monde, celui de la propagande. Le droit international, lui, est encore bafoué.
D’où monte le vent «souverainiste» en Europe de l’Est?
Quasiment une voix sur deux, en Roumanie et en Pologne, est allée vers cette mouvance à l’appellation fumeuse. Ancrée sans doute à droite de la droite classique. Un phénomène semblable s’esquisse Tchéquie. C’est grave, docteur?

La passivité complice de la Suisse
Le Conseil fédéral «déplore» la tragédie qui frappe la population palestinienne mais ne «condamne» pas l’opération de nettoyage ethnique menée par l’armée israélienne. Les contacts se poursuivent avec l’entreprise Elbit Systems qui fournit une grande part des armes de Tsahal. La BNS y a investi des fonds importants, en partie retirés aujourd’hui. D’autres banques suisses continuent de profiter du boom de ces actions. Comment ne pas voir là aussi une forme de complicité face à l’horreur?

Combines entre médias
Un accord conclu entre la SSR et l’association des éditeurs suisses impose à ces derniers de positionner leurs titres contre l’initiative voulant ramener la redevance à 200 francs. Est-ce à dire que l’on peut acheter la faveur des journaux?

Une peur de plus en France: l’islamisme. Ou simplement l’islam?
A trop attiser la peur et la haine, les dirigeants et médias français risquent d’en oublier l’attachement républicain à la liberté des opinions et des croyances, lequel doit aussi s’affirmer. Haut et fort.

Bourrasque des droites sur la Pologne
Surprise: le parti de Tusk l’Européen, promis à la victoire part les sondages, devance à peine, avec 31 % contre 29, la vieille formation ultra-conservatrice (PIS). Celle-ci a bon espoir de l’emporter au second tour de l’élection présidentielle le 1er juin. Grâce aux apports des extrêmes de droite en pleine forme. Deux partis qui ont surgi ces derniers mois donnent à réfléchir.
Entre euphorie et déception, la Roumanie face à ses casse-têtes
Il y a une façon toute simple de résumer ce qui s’est passé en Roumanie. Le gentil candidat pro-européen, le bon, a éliminé l’excité trumpiste, le méchant. Donc tout va bien. Sauf que le pays va mal. Sa population diminue, le fossé entre riches et pauvres se creuse, comme la dette de l’Etat. Il faut y aller voir.

La désastreuse politique d’Ignazio Cassis
Le silence assourdissant sur l’horreur de Gaza et l’expansionnisme violent d’Israël démolit la crédibilité internationale de la Suisse. Par ailleurs le dossier de la mise à jour des relations bilatérales avec l’UE est conduit avec une telle maladresse que les adversaires de l’accord ont bon espoir de faire couler le bateau. Jamais la diplomatie helvétique n’a été dirigée par un si nuisible ministre.

Emil Cioran, une biographie en clair-obscur
Les amateurs de vertiges philosophiques connaissent l’œuvre d’Emil Cioran, auteur roumain et français. Du moins quelques-unes de ses formules ramassées et paradoxales. Il n’existait pourtant aucune biographie de ce personnage hors du commun. La voici. Signée Anca Visdei. Arrivée en Suisse, elle aussi de Roumanie, à l’âge de dix-huit ans.

Extrémistes? Fachos? Pro-russes? La valse des étiquettes
Ces deux évènements donnent à réfléchir. Les services de renseignement allemands déclarent le principal parti d’opposition, l’AfD, «extrémiste de droite attesté». En Roumanie, le candidat «antisystème» arrive en tête du premier tour des élections présidentielles. Il est étiqueté «extrême-droite» et «pro-russe». Deux questions à se poser. Ces formations menacent-elles la démocratie de leur pays? Pour quelles raisons trouvent-elles la faveur d’un si grand pan de l’électorat?

Souvenirs et pieds de nez à l’histoire
Les commémorations actuelles de la fin de la Seconde guerre mondiale, il y a huitante ans, excluent toute présence de la Russie, aujourd’hui honnie. Pourtant, son apport énorme à cette lutte fut décisif et payé de 27 millions de vies, militaires et civiles. C’est une honte de l’oublier.