Dieu ne protège pas du coronavirus mais le coronavirus pourrait aider les religions


Quand, dans le cadre de son enquête sur le sujet, Heidi.news m’a demandé de décrire les effets de la pandémie sur les pratiques religieuse, je me suis tout de suite dit ça: parce que la religion est une attitude humaine, elle est forcément affectée par ce qui arrive aux êtres humains. Et la pandémie de Covid-19 l’aura fortement impactée.
Cet article est paru initialement sur Heidi.news, le 18 juillet 2020
Je suis évidemment bien incapable de prévoir quels effets la pandémie du coronavirus exercera à long terme sur les églises, les temples, les mosquées ou les synagogues. Mais je constate qu’à court terme au moins, Covid-19 a profondément modifié les pratiques religieuses.
Dans un bref premier temps, certain·es ont pensé que des mesures légères suffiraient; j’avais moi-même proposé d’individualiser la communion protestante: les communiant·es auraient reçu le vin ou le jus de raisin dans un verre personnel plutôt que dans une coupe commune et l’auraient bu ensemble, après un «santé!» ou un «à la vôtre» commun; la mesure était évidemment totalement insuffisante comme je l’ai appris depuis. Pendant les périodes d’interdiction, en Suisse et en France entre la mi-mars et la fin mai, il a fallu complètement et de toute urgence réinventer les célébrations; on les a tenues «à distance» souvent en vidéoconférence de manière synchrone et interactive; on a recréé la communauté par photographies interposées; on a invité les participant·es à réagir par messages instantanés, pour partager leurs joies et leurs peines, leurs espoirs et leurs craintes, leurs accords et leurs désaccords, pour indiquer leurs souhaits de prière.
J’ai l’impression que célébrer à distance a eu deux effets sur la religion et sur la théologie pratique que j’enseigne.




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