Réservé aux abonnés

La face cachée de l’islamisme

Publié le 21 septembre 2017 · 12 min de lecture

La face cachée de l’islamisme
© Bon pour la tête / Johanna Castellanos

Témoignage d’un musulman de Bienne excédé par ces «petits riens» qui, à force de se répéter, illustrent les tentatives d’intrusion de certains islamistes radicaux dans la sphère privée.

Bienne n’est pas Molenbeek, commune de la banlieue bruxelloise où avaient vécu certains des terroristes auteurs notamment des attentats sanglants du Bataclan parisien et du Stade de France en novembre 2015. Le taux de chômage de la cité seelandaise est certes plus élevé que la moyenne suisse (4,6% contre 3%) et la proportion des personnes dépendant de l’aide sociale bat presque tous les records nationaux (près de 12% de la population). Un pourcentage élevé dû notamment au grand nombre de familles monoparentales à revenu modeste et à la forte proportion de personnes de nationalité étrangère. Sur les quelque 55 000 personnes établies dans la ville bilingue (la dixième la plus peuplée de Suisse), on compte plus de 130 nationalités et 10% de la population biennoise est de confession musulmane – deux fois plus que dans le reste de la Suisse.

Jusque dans les année 90, la présence musulmane y était plutôt discrète, mais la seconde guerre d’Algérie, qui a fait plus de 100 000 morts, et la dislocation sanglante de l’ex-Yougoslavie ont entraîné une immigration importante due en particulier au fait que nombre de ces personnes sur le chemin de l’exil avaient de la parenté ou des connaissances à Bienne.

La face apparente de l’iceberg

Parmi ces migrants – dont quelques dizaines de réfugiés politiques reconnus – certains islamistes notoires, proches du GIA algérien (Groupement islamique armé) ou des Frères musulmans. La ville avait alors vu se multiplier l’ouverture de «centres culturels islamiques» (elle en compterait actuellement une quinzaine, nombre variant souvent), dont une au moins a plusieurs fois défrayé la chronique et attiré l’attention de autorités locales, cantonales et fédérales: la mosquée «Al Rahman». Le président du très controversé Conseil central islamique de Suisse Nicholas Blancho, un Biennois converti à l’Islam, y a prononcé quelques prêches enflammés. Une demi-douzaine de jeunes ayant fréquenté cet endroit sont partis ou ont tenté de se rendre en Syrie, en Irak ou dans la Corne de l’Afrique – un au moins y est mort. Et tout récemment, un imam autoproclamé d’origine libyenne y aurait émis des propos haineux, tout en bénéficiant de l’aide sociale.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Echange de lettres avec Brigitte Bardot

CultureArticle

Echange de lettres avec Brigitte Bardot

A l’été 2009, la star disparue fin décembre répondait par écrit à une invitation du festival de philosophie que j’organisais à Saint-Maurice sur le thème de l’homme et l’animal. Ces courriers manuscrits, publiés pour la première fois, révèlent la cohérence intime d’un choix de vie radical et souvent incompris, ainsi qu’un geste de profonde humanité.

Guy Mettan

La guerre d’Ukraine vue du front. Témoignages vécus

GéopolitiqueArticle

La guerre d’Ukraine vue du front. Témoignages vécus

Un lieutenant ukrainien fait prisonnier et devenu blogueur, un soldat d’Azov blessé et déçu, deux paysans russes ayant survécu sept mois sous occupation ukrainienne: ces témoignages recueillis dans la région de Koursk racontent une guerre vécue au plus près du front. Des récits de combat, de captivité, de survie et de désillusion, qui donnent à voir une réalité bien différente des discours officiels des deux camps.

Guy Mettan

Guerre en Iran: «Les médias occidentaux déforment la réalité»

GéopolitiqueArticle

Guerre en Iran: «Les médias occidentaux déforment la réalité»

Un groupe d’Iraniens, tous titulaires d’un doctorat de l’EPFL, a contacté notre rédaction pour partager une vision de la guerre et de la réalité iranienne qui tranche avec celle véhiculée par les grands médias occidentaux. Sans ménager le gouvernement de Téhéran, qu’ils critiquent ouvertement, ils dénoncent une représentation partielle, parfois biaisée, des opinions au sein de la diaspora iranienne. Ceci afin de servir, selon eux, certains récits politiques favorables à la guerre. Témoignages à contre-courant.

Martin Bernard