Comment subit-on un tremblement de terre? Certains paniquent, sautent par la fenêtre, dorment dans les parcs et exigent d'être immédiatement rapatriés. D'autres, pas. Yves Genier, a été secoué. Il raconte.
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Suis-je dans un train de nuit? Un bateau en mouvement? C’est, en tout cas, une sensation un peu bizarre. Pourtant, je suis couché, la maison est solide, il n’y a pas de vent, le temps est au beau fixe avec la douce chaleur que réservent les étés méditerranéens. Mais non, le sentiment bizarre persiste. J’ouvre un œil. Puis les deux.
Ça bouge, vraiment. Je suis sur le toit-terrasse d’une maison récente, haute de deux étages. Mais l’espace-temps est encombré d’une autre dimension qu’il n’y avait pas quand je me suis couché: le bruit. Un bruit sourd, un grondement des profondeurs, qui vient des entrailles de la terre, qui résonne dans toute la vallée, retentissant d’une crête à l’autre. Là, plus aucun doute n’est possible: la terre tremble.
Vu l’amplitude des mouvements qui ont réussi à me réveiller alors qu’il est une heure trente du matin, c’est un tremblement de terre important. Là, la sensation est encore multipliée par la hauteur de l’immeuble. Pas une de ces petites curiosités qui peuvent parfois toucher la Suisse et qui prend plus de place dans les titres des journaux et les argumentaires des assureurs cherchant à placer des polices antisismiques. Mais une vraie manifestation de la puissance de la Terre, qui nous ramène à notre propre impuissance de faibles humains. Pour un petit Suisse qui n’a jamais vécu pareille expérience, c’est une première très perturbante.






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