Génocide arménien: ce que la Turquie refuse (toujours) d’admettre

Publié le 13 août 2026

Musée-Institut du Génocide arménien et monument commémoratif du Génocide arménien à Tsitsernakaberd. © Depositphotos

Le gouvernement israélien a approuvé, le 28 juin 2026, la reconnaissance du génocide arménien à l'unanimité, dans un contexte de vives tensions avec la Turquie. Le terme est toujours réfuté par Ankara. La mesure doit encore être entérinée par le parlement. Les gouvernements israéliens successifs avaient jusqu'ici évité de reconnaître ce génocide, notamment pour préserver leurs relations avec la Turquie. Examen du point de vue turc, plus rarement examiné, et en particulier la notion de préméditation.

La Première Guerre mondiale a vu la destruction de l’ancienne communauté arménienne d’Anatolie orientale par le gouvernement radical des Jeunes-Turcs dans les années 1915-1917. D’avril 1915 à juillet 1916, les deux tiers des Arméniens vivant en Turquie périssent du fait de déportations, massacres et famines de grande ampleur. Les chiffres varient, mais un nombre de victimes entre 1 million et 1,5 million est une estimation réaliste, surtout si l’on considère la période 1917-1918, triste «parachèvement» du génocide.

L’affirmation péremptoire du génocide, indiscutable pour beaucoup et pour la partie arménienne en particulier, ne devrait pas dispenser ses partisans d’écouter les arguments de l’adversaire. La négation turque s’articule autour de six axes: le contexte historique de l’époque; l’idée qu’un déplacement de population ne constitue pas, en soi, un acte de génocide; la contestation de l’étendue des massacres; la négation de toute préméditation; le refus d’assumer, en tant qu’héritière de l’Empire ottoman, des dommages et indemnités; et le refus d’admettre que d’anciens «génocidaires» ont ensuite occupé de hauts postes sous Atatürk.

La Turquie place les Arméniens d’Anatolie dans le contexte d’un 19e siècle de mouvements d’émancipation des minorités ottomanes. Après le traité de Berlin de 1878, on constate un peu partout l’éruption de rébellions — au nombre de trente-neuf entre 1882 et 1909 —, ce qui conduit le sultan à penser qu’un nouveau démembrement de l’Empire est à l’ordre du jour. Des groupes arméniens révolutionnaires se forment; l’émancipation qu’ils réclament va devenir l’un des principaux motifs de l’Empire pour...

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