Édition du 1 mai 2026

Economie, Politique

Trop d’étrangers? Vieux débat… sur l’avenir

Jacques Pilet

L’initiative contre une Suisse à dix millions divise dans toutes les couches de l’opinion. Les «pour» et les «contre» ont de bonnes raisons. Au-delà des consignes de partis, jetons un regard sur le passé et les futurs possibles.

Rencontres au quotidien. Ce copain d’enfance a passé la plus grande partie de sa vie à l’étranger et revient au bord du Léman pour sa retraite. Sillonnant le pays en train, il est effaré de voir partout des chantiers, des bâtiments qui barrent le paysage. Il veut arrêter une croissance qu’il juge folle. Ce voisin, lui, s’inquiète de voir ses enfants dans des classes publiques où les petits Suisses sont en minorité, bousculés, dit-il, par des communautés étrangères qui parlent dans leurs langues plutôt qu’en français. Ce collègue, qui a l’Union européenne en détestation, votera «oui» pour une autre raison: il veut enfoncer un clou dans les accords avec «Bruxelles». Cet autre ami âgé, quant à lui, passe des semaines à l’hôpital et constate que presque tout le personnel vient d’ailleurs. Il se demande ce qu’il adviendrait en cas de tour de vis. 
Chacun a son expérience, sa sensibilité qui l’emportent sur les arguments carrés de l’un et l’autre camp dans les débats publics. Tout peuple se préoccupe de garder son caractère propre. A fortiori dans un petit pays entouré de plus grands, en symbiose avec eux. Ce n’est pas nouveau. Au début du 20e siècle, alors même que tant de Suisses émigraient encore pour trouver dans le monde un sort meilleur, le Conseil fédéral mettait déjà en garde contre un «risque très aigu de surpopulation étrangère», ce qui conduisit à la création d’une police des étrangers en 1917.
Le thème monta en puissance dans les années 1960 et 1970. On se souvient de l’initiative de James Schwarzenbach, soumise au vote et repoussée le 7 juin 1970, qui demandait de réduire la part d’étrangers à 10 % par canton. D’autres tentatives ont suivi, en 1990, en 2014 aussi, avec un texte de l’UDC accepté à 50,3 %, dont l’application est restée dans les limbes, et en 2020, avec le ratage clair d’un dernier essai issu des mêmes rangs.
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