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Vaccin anti-HPV: vingt ans de succès commercial et de choix scientifiques contestés

Catherine Riva

Par Catherine Riva et Serena Tinari · Publié le 1 mai 2026 · 16 min de lecture

Vaccin anti-HPV: vingt ans de succès commercial et de choix scientifiques contestés
© Depositphotos

Il y a vingt ans — alors que l’incidence du cancer du col de l’utérus n’avait cessé de diminuer grâce au dépistage par frottis — l’industrie pharmaceutique a réussi un coup de maître en convainquant les médias, les parlementaires et les autorités règlementaires de l’urgence d’un vaccin. Pourtant, et malgré une extension continue de son utilisation, les preuves scientifiques de son efficacité restent incomplètes. Entre incertitudes et stratégies d’influence, le cas HPV interroge les fondements mêmes de l’évaluation en santé publique.

En avril 2006, Gardasil était homologué dans l’enthousiasme par la Food and Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis. De nombreux commentateurs avaient célébré cette autorisation de mise sur le marché du premier vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), comme une percée médicale majeure: ce vaccin représentait une avancée extraordinaire, promettant rien de moins qu’une baisse massive de l’incidence du cancer du col de l’utérus, voire, à terme, son éradication.

Vingt ans de succès commercial hors norme

C’est donc un vingtième anniversaire bien particulier que l’on célèbre aujourd’hui. Car cette décision de la FDA a été historique à maints égards. Gardasil est en effet le premier vaccin à avoir été homologué au terme d’une procédure accélérée. C’est aussi le premier vaccin blockbuster: autrement dit, un produit biologique dont les ventes ont généré au moins un milliard de dollars américains chaque année, pratiquement depuis sa commercialisation. Ses ventes ont atteint un pic spectaculaire à 8,9 milliards de dollars américains en 2023, avant de baisser à 8,6 milliards en 2024 et de «plonger» à 5,2 milliards en 2025 — un recul étroitement lié à la baisse de la demande en Chine, analysait le portail financier Fierce Pharma.

Pour Merck qui le commercialise, Gardasil est donc une success story sur toute la ligne. Le retour sur investissement est colossal lui aussi, puisque le coût total de développement pour Gardasil et son successeur Gardasil9 a été estimé à environ 1,2 milliard de dollars, ce qui représente tout juste 2 % des revenus cumulés de 55 à 60 milliards de dollars que ces produits ont générés entre 2006 et 2023.

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