L’écoterrorisme: fantasme sécuritaire ou danger imminent?


«Ecoterrorisme». Le mot est lâché de plus en plus souvent par des politiciens au verbe gros et à la pensée confuse. Un petit livre précis, nerveux et intelligent, «La Nuit nous sauvera» de Philippe Ségur, nous dit de quoi il retourne vraiment en matière de terrorisme et de climat.
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Le 2 novembre dernier, l’UDC fulminait un communiqué pour dénoncer les «terroristes climatiques» qui collaient leurs mains à des routes suisses afin de protester contre l’inertie des pouvoirs face au dérèglement climatique.
Plus récemment, le ministre français Gérald Darmanin a qualifié d’«écoterroristes » les manifestants qui s’opposaient à l’installation d’une retenue d’eau à Saint-Soline dans le département des Deux-Sèvres. Même si cette manif fut violente (200 blessés du côté des manifestants et 47 parmi les forces de l’ordre), la formule du ministre Darmanin est, au minimum, disproportionnée. Celle utilisée par l’UDC pour fustiger les «colleurs manuels» se contente d’être simplement ridicule.
Le terrorisme défini par les codes pénaux
En effet, toutes deux sont fort éloignées des seules définitions qui vaillent, celles des textes légaux. L’article 260 ter du Code pénal suisse (organisations criminelles et terroristes) réprime quiconque participant à une organisation qui poursuit le but, notamment «de commettre des actes de violence criminels visant à intimider une population ou à contraindre un Etat ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque». Formulation voisine du Code pénal français (article 421-1) disposant que le terrorisme est un acte ayant pour but de «troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur».




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