La neutralité autrichienne ne bouge pas

Publié le 16 décembre 2022

Dans le cadre de son voyage au Proche-Orient, le vice-chancelier Michael Spindelegger rend visite aux troupes autrichiennes de l’ONU stationnées au Golan, avril 2013. © Dragan Tatic / CC BY 2.0

La guerre en Ukraine a peu animé le débat sur la neutralité en Autriche. Celle-ci ne manifeste aucune velléité de rejoindre l’OTAN, à la différence de la Suède et de la Finlande. Le «Courrier d’Europe centrale» explique pourquoi.

Le 26 octobre 1955, le lendemain du départ des occupants, le Parlement autrichien vote la loi constitutionnelle sur la «neutralité perpétuelle de l’Autriche», dans laquelle «l’Autriche déclare volontairement sa neutralité permanente» et «n’adhérera à l’avenir à aucune alliance militaire et ne permettra pas la création de bases militaires étrangères sur son territoire.» Ce jour a été choisi pour la fête nationale. Depuis lors, l’Autriche use de son statut pour faire office de «pont» entre les deux blocs. De nombreuses organisations internationales s’installent à Vienne – l’ONU, l’OSCE, ou encore la puissante OPEP, l’organisation des pays exportateurs de pétrole – faisant, au passage, de la capitale autrichienne un véritable nid d’espions. Comme la Suisse!

Les militaires sont moins sereins. Ils souhaiteraient que l’armée soit mieux raccordée aux forces de l’OTAN. L’opinion est beaucoup plus réticente. «Il ne s’agit pas tant d’avoir un comportement neutre que d’une neutralité militaire» rappelle le politologue Heinz Gärtner au média Deutsche Welle. Le chercheur d’ajouter qu’il «serait bien plus intéressant d’assister à un débat sur la manière dont l’Autriche interprétera cette neutralité à l’avenir.»


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