Les négociations entre Washington et Téhéran, ainsi que les conséquences de la guerre, alimentent les interrogations sur l’avenir du Moyen-Orient. Au-delà du dossier nucléaire, la crise d’Ormuz et la résilience iranienne pourraient avoir révélé les limites du leadership américain et accélérer l’émergence d’un ordre régional plus multipolaire, où de nouvelles puissances entendent désormais peser sur les équilibres stratégiques.
Si l’ensemble des dispositions n’a pas encore été publié officiellement dans son intégralité, à l’heure où nous publions cet article, les principaux contours de l’accord sont désormais connus. Le texte prévoit l’arrêt immédiat des opérations militaires (incluant le Liban), la réouverture du détroit d’Ormuz au trafic commercial, la levée progressive du blocus naval américain, l’allègement progressif de toutes les sanctions économiques, le dégel d’une partie des avoirs iraniens bloqués à l’étranger (notamment dans les banques des États du Golfe), ainsi que l’ouverture d’un cycle de négociations de soixante jours consacrés aux questions nucléaires, sécuritaires et régionales. Il prévoit également un vaste programme de reconstruction et de coopération économique dont le montant évoqué pourrait atteindre plusieurs centaines de milliards de dollars.
Téhéran semble aussi vouloir tirer parti de sa position géographique en négociant, avec Oman, la mise en place de nouveaux mécanismes de facturation liés aux services de sécurité et de navigation dans le détroit d’Ormuz, confirmant ainsi la volonté iranienne de transformer un avantage géographique en levier économique durable. Autant d’éléments qui, il y a encore quelques mois, semblaient difficilement envisageables.
Cet accord présente d’ailleurs une singularité diplomatique importante: il offre, à des degrés divers, une porte de sortie à l’ensemble des protagonistes. Paradoxalement, Donald Trump peut espérer apparaître comme le président ayant évité une nouvelle guerre sans fin et préservé la promesse originelle de l’America First. Lire la suite…