Le second épisode de cette série sur les méthodes flibustières américaines détaille comment les Etats-Unis ont progressivement fait de la guerre —militaire, économique, informationnelle — un instrument central de leur domination mondiale. Car, derrière le discours du «soft power» et de la défense des valeurs occidentales, se déploie une logique de coercition continue, étendue aujourd’hui à l’ensemble de la planète. Une stratégie impériale qui, avec Donald Trump, assume désormais sa brutalité sans détour.
Le 4 juillet prochain, les Etats-Unis célébreront leur 250e anniversaire. En 250 ans, ils n’auront connu qu’une vingtaine d’années de paix et auront déclenché plus de 200 guerres ou interventions militaires un peu partout dans le monde. Sans compter les changements de régime par la violence (environ 70 tentatives depuis 1945).
Donald Trump, comme Bill Clinton ou Barack Obama avant lui, a été élu en promettant qu’il mettrait fin aux «guerres stupides» déclenchées par ses prédécesseurs. Dix-huit mois à peine après son retour au pouvoir, il n’en a cessé aucune (voir l’Ukraine et la Palestine) et, outre son incursion armée contre le Venezuela, en est déjà à sa deuxième guerre contre l’Iran.
Parler de «puissance bienveillante» à propos des Etats-Unis relève donc du syndrome de Stockholm ou du doux euphémisme, pour ne pas dire du mensonge éhonté. Quels que soient leurs présidents, les Nord-Américains restent intoxiqués à la guerre. Laquelle apparaît, sur une si longue durée, non pas comme un accident dû au hasard ou à la malignité des méchants, mais bel et bien comme l’outil privilégié de leur domination.
Cet instrument, il faut le reconnaître, ils ont su l’utiliser avec une habileté rare depuis un siècle, soit depuis que Woodrow Wilson a décidé d’entrer dans la Première Guerre mondiale aux côtés des alliés franco-britanniques, au nom de l’idéalisme humanitaire, de la défense de la démocratie et de la libération des peuples opprimés. Lire la suite…