Un été enchanté par le verbe d’Alexandre Dumas


Qu’avez-vous fait cet été? - Rien. Mais ce rien m’a occupé tout entier, et ce n’est pas fini! Car ce rien a été peuplé de riens qui l’ont comblé tout à fait. Vous comprendrez mieux ce que je veux dire avec les deux exemples qui suivent.
Le hasard ou la providence ont d’abord fait que j’ai dû m’occuper de mes parents pendant les vacances de mes frères et sœurs et des cuisiniers et traiteurs qui d’habitude pourvoient à leurs repas. Tout d’abord, ma mère, à 95 ans bien tassés, a eu la bonne idée de se faire opérer d’une appendicite aiguë qui l’a confinée six jours à l’hôpital, laissant mon père, 98 ans largement révolus, seul à la maison. Pendant quelques jours, j’ai donc dû modestement assumer ma responsabilité de bon fils et cuisiner et livrer quelques plats assez attractifs pour stimuler leur appétit défaillant.
Cet exercice culinaire et filial fut l’occasion d’observer les grandeurs et misères du grand âge, et de méditer sur le temps qui passe, les souvenirs qui défilent, les années qui commencent à peser et la fin qui approche. Croyez-moi, cela occupe bien l’esprit.
Mais comme le hasard fait bien les choses, ce fut aussi l’occasion de redécouvrir Alexandre Dumas. Pas à cause du film sur le Comte de Monte-Cristo qui vient de relancer l’intérêt pour cet écrivain négligé mais grâce au Maître d’armes (Syrtes, 2024), un livre peu connu de Dumas, que mon éditeur avait eu la bonne idée de rééditer à la veille des vacances.




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