L’histoire d’Hamid: le suicide qui ébranle le pari migratoire italien

Publié le 6 mars 2026

Une des initiatives phares de la Première ministre italienne Giorgia Meloni vise à externaliser la gestion de l’asile au-delà des frontières italiennes. © Shutterstock

Le programme italo-albanais de «délocalisation» des demandeurs d'asile est étudié par d'autres gouvernements d'Europe occidentale, soucieux d'adopter une position ferme sur l'immigration. Mais le cas d'Hamid Badoui, qui s'est suicidé après avoir été détenu dans un centre de rétention pour migrants en Albanie, met en lumière le coût humain de cette politique.

Article publié sur le site BIRN – Balkan Insight le 03.02.26, traduit et adapté par Bon pour la tête 

Jacques Imam et Vladimir Karaj

Visage familier de la banlieue turinoise où il vivait, Hamid Badoui semblait un candidat improbable pour devenir le visage tragique de l’expérience la plus ambitieuse d’Italie en matière de détention de migrants hors de ses frontières. Né au Maroc mais vivant en Italie depuis 15 ans, cet ancien vendeur de fruits avait passé une grande partie de sa vie adulte à faire des allers-retours en prison pour des délits mineurs liés à sa toxicomanie.

Début 2025, Hamid tentait de se racheter une conduite, mais il s’est heurté à une initiative phare de la Première ministre italienne Giorgia Meloni visant à externaliser la gestion de l’asile au-delà des frontières italiennes. Condamné à l’expulsion, Hamid fut détenu dans un centre de «rapatriement» du sud de l’Italie. Une nuit d’avril, des gardes le réveillèrent, lui lièrent les mains et le conduisirent dans un bus. Quelques heures plus tard, il fut embarqué sur un navire militaire à destination de Gjader, un village albanais où l’Italie a construit un camp fortifié destiné à accueillir les personnes faisant l’objet d’un ordre d’expulsion.

Aux prises avec une dépendance au crack et terrifié à l’idée d’être renvoyé au Maroc, cet homme de 41 ans a finalement été libéré des semaines plus tard, pour être à nouveau arrêté deux jours après son retour en Italie. Le 19 mai 2025, à 6 h 30 du matin, Hamid a été retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Lorusso e Cutugno, à Turin. Il s’était pendu avec ses lacets.

Sa sœur Zahira, citoyenne italienne naturalisée, est convaincue que l’expérience d’Hamid à Gjader l’a conduit au suicide: «il était terrifié à l’idée de retourner en Albanie; il m’a dit que même la prison était préférable à ça». Pour ceux qui le connaissaient, le sort d’Hamid illustre la cruauté et les conséquences psychologiques des centres de rétention pour migrants en zone offshore, où des individus sont détenus dans des pays tiers, loin de leurs familles.

D’après les rapports médicaux consultés, Hamid semble avoir souffert, durant sa détention, de maux de tête, de fortes douleurs abdominales et d’insomnie. Un rapport indique qu’il n’a pas mangé pendant plusieurs jours: «il se plaint d’un malaise important. Une surveillance de son état est conseillée», écrit un psychologue du centre de réanimation de Gjader, en avril 2025.

Cecilia Strada, députée européenne italienne, avait rencontré Hamid lors d’une inspection du centre une dizaine de jours plus tard. «Il était extrêmement perturbé psychologiquement, confie-t-elle. C’était déchirant.» «Il me suppliait de faire tout ce que je pouvais pour le sortir de là», raconte son avocat qui a pu s’entretenir avec Hamid «deux ou trois» fois par téléphone, sous supervision. Pour Anna Moretti, avocate spécialisée en droit de l’immigration, à qui a été confiée l’affaire, Hamid n’aurait jamais dû être envoyé en Albanie en raison de son état de santé précaire et de ses liens familiaux en Italie.

L’expérience de Meloni

En 2023, Meloni et son homologue albanais, Edi Rama, avaient dévoilé un plan visant à traiter les demandeurs d’asile et les migrants sur le sol albanais, pour un coût de 653 millions d’euros sur cinq ans. L’Italie s’est engagée à traiter jusqu’à 36 000 migrants par an dans deux centres albanais, à Shengjin et Gjader, initialement conçus comme une plateforme offshore où seraient traitées les demandes d’asile des détenus.

Le plan de Meloni avait été salué par les plus hauts responsables de l’UE: la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait félicité Rome pour sa pensée novatrice et avait même exhorté les autres pays européens à s’en inspirer. Mais ce dispositif s’est heurté à des difficultés, notamment devant les tribunaux.

En octobre 2025, seules 200 personnes avaient été détenues dans ces centres depuis le lancement de l’initiative, selon Riccardo Magi, directeur du parti italien de gauche Plus d’Europe. On estime que nombre d’entre elles y ont été retenues moins d’un mois.

Dans le but de le sauver, le camp de Gjader a été transformé l’an dernier en centre de détention pour les personnes ayant déjà reçu un ordre d’expulsion en Italie. Si pour Erinda Ballanca, médiatrice albanaise qui s’est rendue à Gjader en octobre, il s’agit du «meilleur centre jamais vu, avec télévisions, lits confortables et de salles de bains privatives», d’autres récits, bien plus sombres, font état de séparations abruptes, de dysfonctionnements de procédure et d’un mépris apparent des règles italiennes.

Ainsi, Karim*, citoyen algérien installé en Italie depuis 19 ans, père de deux enfants de trois et six ans, qui purgeait une courte peine de prison dans un centre de détention italien, a été transféré brutalement à Gjader en avril 2025, sans avoir eu, au préalable, la possibilité de contacter un avocat ni d’en informer sa famille, témoigne encore Cecilia Strada, qui l’a rencontré lors de sa visite du camp. Un document interne montre pourtant que l’USMAF, l’autorité sanitaire italienne chargée de contrôler les migrants avant leur transfert en Albanie, exige que tous les détenus envoyés à Gjader reçoivent un «certificat d’aptitude à vivre dans une communauté restreinte» 48 à 72 heures avant leur départ.

«Il était très agité», se souvient Cecilia. «Il nous a dit: “Gorizia, c’est le paradis comparé à cet endroit. Ici, c’est un véritable asile de fous.”» Peu après, un juge a ordonné la libération immédiate de Karim, invoquant son droit au respect de sa vie familiale en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme. Il est depuis retourné en Italie.

Mais tous ne sont pas revenus. Au printemps dernier, Ahmed*, un Algérien de 23 ans qui avait reçu un ordre d’expulsion en Italie, où il vivait, a été envoyé à Gjader malgré des antécédents d’insomnie, d’anxiété et de schizophrénie, en raison d’une demande de dommages et intérêts. Après qu’Ahmed eut mangé du verre en signe de protestation contre son traitement, son avocat a exigé une nouvelle évaluation de son aptitude à l’internement. Mais avant même que les résultats ne soient connus, le jeune homme avait été expulsé vers l’Algérie. Selon son avocat, «il n’aurait jamais dû être envoyée en Albanie».

Pour la députée européenne Cecilia Strada, le camp de Gjader est une expérience «dévastatrice» comparée aux détentions dans des centres de rétention italiens: «cela implique d’arracher les gens à la réalité qu’ils connaissent, y compris à leur famille».

Pourtant, en Europe, ces «pôles de retour» sont passés d’une idée marginale à une politique courante. Alors que d’autres Etats membres de l’UE s’efforcent de les reproduire, on peut s’interroger sur la manière dont l’Union européenne en est arrivée là.

Une vieille idée renaît

L’idée de traiter les demandes d’asile à l’étranger n’est pas nouvelle. David FitzGerald, professeur à l’Université de Californie à San Diego, a noté qu’en 1991, au milieu d’une crise des réfugiés déclenchée par le renversement du président haïtien Jean-Bertrand Aristide, les Etats-Unis ont commencé à détenir des migrants arrivant par bateau à Guantanamo Bay, un territoire contrôlé par les Etats-Unis dans le sud-est de Cuba, devenu tristement célèbre pour détenir des «terroristes» sans procès après le 11 septembre.

Au plus fort de la crise, jusqu’à 21 000 Haïtiens et 30 000 Cubains y ont été détenus. D’autres pays ont tiré des enseignements de cette pratique, dans ce que FitzGerald a appelé la «diffusion des connaissances et des techniques à travers le monde». En 2001, l’Australie a établi des centres offshore sur la petite île pacifique de Nauru et sur l’île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée, «qui s’inspiraient explicitement des Américains», selon FitzGerald.

Les Etats membres de l’UE ont d’abord abordé le traitement offshore avec plus de prudence. Cependant, ces dernières décennies, l’escalade des conflits et la montée des pressions politiques ont entraîné un changement de cap. La création, en 1985, de l’espace Schengen a contribué à promouvoir l’idée d’une «Europe forteresse» qu’il fallait défendre.

Le Danemark fut l’un des premiers à défendre ce modèle en présentant, en 1986, un projet de résolution à l’Assemblée générale de l’ONU visant à créer des «centres de traitement» en Europe de l’Est, et éventuellement en Afrique, pour accueillir les réfugiés fuyant l’effondrement de l’Union soviétique. Ce plan fut fermement rejeté par les autres Etats membres de l’ONU, qui y virent un manque de solidarité envers les pays du Sud. Néanmoins, l’idée a refait surface périodiquement. «Il y a eu des hauts et des bas, mais chaque fois que l’immigration devient un enjeu politique dans l’actualité, quelqu’un ressuscite cette idée», explique FitzGerald.

Après les attentats du 11 septembre, les débats sur la migration se sont trouvés de plus en plus liés aux préoccupations sécuritaires, alors qu’un nombre croissant de bateaux arrivaient sur l’île italienne de Lampedusa et dans les îles Canaries espagnoles. «Toute cette forme de guerre mondiale contre le terrorisme est allée de pair avec ça», déclare Miriam Ticktin, professeure d’anthropologie au CUNY Graduate Center de New York, qui a écrit sur le traitement offshore en Europe.

En 2003, le Premier ministre britannique de l’époque, Tony Blair, avait élaboré la proposition de traitement extraterritorial la plus complète à ce jour, proposant des «centres de traitement de transit» sur les routes migratoires vers l’UE pour le traitement des demandes d’asile. L’année suivante, Otto Schily, ministre de l’Intérieur allemand de centre-gauche, figure influente et qui avait initialement critiqué la proposition britannique, commença à faire pression pour la création de «zones de sécurité» financées par l’UE en Afrique du Nord.

Revirement de la position européenne

Si la Commission européenne a d’abord pris ses distances avec la proposition d’Otto Schily, elle a basculé de manière décisive en faveur du traitement offshore lors de la crise migratoire de 2015, lorsque plus de 1,3 million de personnes sont arrivées en Europe – le nombre le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale – fuyant les guerres en Syrie et en Irak, l’instabilité en Afghanistan et les difficultés économiques dans d’autres régions du Moyen-Orient, d’Asie et d’Afrique.

En 2016, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui a présenté les migrations de masse comme une menace existentielle pour l’identité «chrétienne» de la Hongrie, a appelé l’UE à créer en Libye une «ville géante pour les réfugiés» afin de traiter les demandes d’asile. «Auparavant, les gens avaient honte ou étaient gênés d’admettre que nous entreposions des personnes et que nous ne respections pas les conventions des Nations Unies et les conventions relatives aux réfugiés… et il restait encore un semblant de respect du droit international», explique l’anthropologue Miriam Ticktin. «Aujourd’hui, il n’y a plus de croyance en l’humanitarisme, ni dans l’idée que tous les êtres humains possèdent des droits fondamentaux.»

En avril 2022, Boris Johnson, alors Premier ministre britannique, annonçait un programme offshore au Rwanda, affirmant que cette initiative de 720 millions de livres sterling «sauverait d’innombrables vies» et briserait le modèle économique des «ignobles passeurs». Ce projet se heurta à des difficultés juridiques et fut finalement abandonné. Pourtant, malgré les obstacles, d’autres puissances européennes font preuve de détermination à suivre l’exemple de l’Italie. Au point qu’en décembre dernier, le Conseil européen a approuvé définitivement une modification de son cadre juridique autorisant les pays de l’UE à établir des centres de rapatriement appelés «plateformes de retour» dans des pays tiers.

Le gouvernement néerlandais, de son côté, a déjà annoncé en septembre avoir accepté de collaborer avec l’Ouganda pour le retour des demandeurs d’asile déboutés via un point de transit dans le pays. En novembre, le ministre grec des migrations, Thanos Plevris, a révélé que l’Allemagne menait des initiatives visant à créer, en collaboration avec d’autres pays de l’UE, un «centre de retour» sur le modèle italo-albanais en Afrique.

Aux Etats-Unis aussi, la gestion offshore des migrants va bon train: en mai de l’année dernière, l’administration Trump a mis fin au statut légal temporaire de 500 000 personnes – originaires de Cuba, d’Haïti, du Nicaragua et du Venezuela – et a commencé à rechercher des lieux de détention pour ces personnes. Le Kosovo, un allié indéfectible des Etats-Unis, a annoncé en décembre avoir commencé à accueillir des personnes ayant reçu un ordre d’expulsion des Etats-Unis.

Des «lieux affreux» qui n’arrêteront pas les migrations

Les critiques affirment que les centres albanais ont engendré des souffrances inutiles, punissant souvent des personnes pour un simple manque de documents valides. «Ce modèle indigne de traitement des migrants, pour lequel l’Albanie va faire jurisprudence, risque sans aucun doute de devenir une pratique courante en matière de gestion de la question migratoire», estime Redi Muci, député albanais du parti de gauche Levizja Bashke.

Par ailleurs, l’efficacité réelle d’une telle politique, d’un point de vue dissuasif, reste à prouver. «Ce sont des endroits tout simplement affreux», déclare l’anthropologue américaine Miriam Ticktin, «mais cela n’empêchera pas les gens d’immigrer. Pour survivre, ils n’hésiteront pas à continuer de se déplacer.»

Ce d’autant que les migrants, avant de rejoindre l’Europe, ignorent souvent l’existence des centres offshore. «Les personnes venant d’Erythrée ou d’Afghanistan n’ont absolument aucune idée [des lois migratoires strictes]», explique Agron Shehaj, chef du petit parti de centre-droit Mundesia au Parlement albanais. «Les camps ne sont qu’un moyen [pour les gouvernements] de dire: « Nous agissons »», déclare-t-il. Lui-même a émigré en 1991, à l’âge de 14 ans. Il se souvient comment, lors de son propre périple vers l’Italie, les autorités ont utilisé des hélicoptères pour ordonner aux migrants de rebrousser chemin. «Ils criaient dans des mégaphones: “Rebroussez chemin! Rebroussez chemin!”», raconte-t-il. Mais les migrants ne parlaient pas italien et croyaient que l’hélicoptère était venu les chercher.

_________________

* Les noms ont été modifiés afin de préserver l’anonymat.

La réalisation de cette enquête a bénéficié d’une subvention du fonds IJ4EU. L’Institut international de la presse (IPI), le Centre européen de journalisme (EJC) et tous les autres partenaires du fonds IJ4EU déclinent toute responsabilité quant au contenu publié et à l’utilisation qui en est faite.

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