Dominique Noguez, l’Ami perdu…

Après la mort de Clément Rosset, celle de Dominique Noguez. Lui aussi venait chez Yushi, ma cantine japonaise. Et nous avions travaillé ensemble pour un autre ami, Frédéric Pajak. Nous nous retrouvions avec une joyeuse équipe (Frédéric Pagés, Denis Grozdanovitch, Arnaud Le Guern, Frédéric Schiffter) au premier étage d’un restaurant chinois pour préparer les numéros de: «L’Imbécile». Pajak était un tyran dont nous nous accommodions fort bien. Et Noguez pratiquait un humour décalé et macabre qui me ravissait. J’avais il y a bien longtemps publié un de ses meilleurs livres: «Ouverture des veines et autres distractions» qui, passé inaperçu en France, avait connu un beau succès en Russie.
L’immense culture littéraire et cinématographique rendait Dominique de plus en plus étranger à notre époque barbare. Il était sans doute un des derniers écrivains à envoyer de vraies lettres à ses amis et non des mails avec un like. Ses lettres avaient un parfum d’éternité. Pour donner une vague idée de ce qu’était la littérature au temps de Noguez, je livre ici la dernière lettre qu’il m’a envoyée à la suite de ma fiction sur Amiel.
«Cher Roland,
Notre professeur de philosophie (celui qu’eut aussi le camarade Schiffter) nous faisait réserver les pages de gauche du cahier où nous prenions son cours à des citations qu’il nous dictait de temps en temps. La première fut: “Ce qu’on dit de soi est toujours poésie” (Amiel).




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