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Au barrage de Mauvoisin, Batia Suter réinvente l’Odyssée

Par Isabelle Stucki · Publié le 16 septembre 2019 · 8 min de lecture

Au barrage de Mauvoisin, Batia Suter réinvente l’Odyssée
Suter appréhende le paysage alentours comme une construction. L’immense masse de béton du barrage n’en devient qu’un élément parmi d’autres, tout aussi imposant que les montagnes vertes, les rochers anthracites, la chute d’eau bruyante et bruineuse l’eau du lac d’azur et le ciel, translucide. - © Bonnardot

Que se passe-t-il entre deux images photographiques lorsqu’elles sont juxtaposées? Une troisième image, invisible et manquante, émerge-t-elle dans notre esprit? Comment le sens vient-il aux images? Ce sont, parmi d’autres, ces questions iconographiques essentielles que pose la très belle et intelligente installation de Batia Suter. Amarrées à la couronne du barrage de Mauvoisin, les images de cette artiste suisse sont à découvrir jusqu’à la fin du mois de septembre.

Chaque année, depuis 2013, un artiste a la chance de développer un projet qui se déclinera sur les panneaux trônant sur la couronne du barrage. Et pour 2019, c’est Batia Suter, artiste et grande collectionneuse d’images, que le directeur de l’école de design et haute école d’art du Valais (édhéa) Jean-Paul Felley a désignée.

En 30 gigantesques images expressément conçues pour le lieu, Batia Suter nous embarque dans un voyage épique à 2000 mètres d’altitude. Elle nous guide de la vallée au barrage, dans une sorte de pèlerinage qu’elle a nommé Hexamiles. Cela en référence aux hexamètres si chers à Homère et au nautical mile, le mile marin. Nous voilà prévenus: il est bon d’être attentif aux métaphores maritimes ainsi que de se préparer à une balade visuelle, une marche de station en station.

L’histoire prend corps au Musée de Bagnes. Là, une figure de proue fait office de boussole: ornée d’une noble coiffe rappelant les casques de la Grèce antique, la tête sculptée grandeur nature montre la direction: suivez son regard qui pointe vers un diaporama. En projection, inexorablement, Batia Suter montre et démontre la portée ainsi que le potentiel élevé de ses images d’archive.

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