Réservé aux abonnés

Respirer une fois sur deux avec Alain Huck

Michèle Laird

Par Michèle Laird · Publié le 15 août 2025 · 3 min de lecture

Respirer une fois sur deux avec Alain Huck
Vue de l’exposition Alain Huck, «Respirer une fois sur deux». Pour Huck, l’agave «violente et terrifiante» participe à la scarification du paradis. - © Etienne Malapert

C’est une des plus belles expositions en Suisse cet été, à voir jusqu’au 9 septembre au Musée cantonal des Beaux-Arts (MCBA) de Lausanne. Alain Huck propose une promenade dimensionnelle à travers les mots et la pensée. Miroir d’un état du monde terrifiant, son œuvre est néanmoins traversée de tendresse, histoire de nous rappeler que l’art peut être d’une radicale efficacité pour provoquer la réflexion et l’engagement.

Sommaire

Le parcours sur trente ans d’un des artistes suisses les plus inventifs et protéiformes de sa génération est à découvrir au Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, dans l’exposition Respirer un fois sur deux. Derrière ce titre énigmatique, l’enfant de Vevey Alain Huck convoque l’universel et nous invite à écouter la respiration du monde.

Il annonce d’emblée: «Le matin je retiens mon souffle pour être prêt à accueillir la dernière information d’un prochain désastre». Il ne se laisse pourtant pas démonter par les tourments de l’actualité qui, au contraire, deviennent l’impulsion de son art. «Je suis traversé par une certaine colère, une révolte. Ce quotidien me provoque une dose d’énergie, puis je pose les choses très calmement», explique-t-il.

«Je revendique une biodiversité de l’art»

Montée au MCBA sous le fin regard de la commissaire Nicole Schweizer, l’installation révèle la multiplicité des expériences plastiques de l’artiste. «Je m’autorise tout. C’est ma liberté d’artiste. Je revendique une biodiversité de l’art, comme dans la vie », sourit-il.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Jean Frémon, vendeur d’art

CultureArticleLibre

Jean Frémon, vendeur d’art

«Probité de l’image», recueil de vingt-huit textes rédigés entre 1991 et 2022 pour des catalogues par le directeur de la galerie Lelong, sise rue de Téhéran à Paris, c’est-à-dire l’ancienne et fameuse galerie Maeght, nous livre un riche et précieux témoignage des rencontres infiniment variées de Jean Frémon (1946) avec les plus prestigieux des artistes actuels et leur travail.

Yves Tenret

L’art jubilatoire et jaculatoire d’Armand Avril

CultureArticle

L’art jubilatoire et jaculatoire d’Armand Avril

A 99 ans, l’artiste lyonnais expose ses nouvelles créations à la galerie RichterBuxtorf de Lausanne. Des chats et des chattes, et aussi des palmiers à la forme sans équivoque. Diverses techniques sont utilisées – peinture, collages, encre… – et les supports sont d’anciens sacs de farine ou des pages de magazines. Bienvenue dans le joyeux monde d’un irréductible esprit libre.

Patrick Morier-Genoud

A Venise, l’art contemporain exténué

CultureArticle

A Venise, l’art contemporain exténué

Depuis 1895, la Biennale de Venise, la plus ancienne et la plus prestigieuse foire d'art contemporain, présente les dernières tendances. Or depuis quelques années, une vérité s'y affirme peu à peu: dans l'art, comme dans nos société en général, il n'existe plus, ni tendances, ni projet.

David Laufer

L’enfance célébrée

CultureArticle

L’enfance célébrée

Si la Fondation Gianadda nous a habitués depuis plus de quarante ans à des expositions magnifiques, celle-ci est exceptionnelle. «Anker et l’enfance» met en scène les œuvres majeures du peintre suisse à travers un hymne aux enfants. Bel hommage à Léonard Gianadda, décédé en fin d’année dernière, qui a préservé l’enthousiasme de la jeunesse sa vie durant. Derniers jours d’une exposition qu’il faut se presser d’aller voir pour se laisser toucher par ces petites bouilles tendres et adorables.

Loris Salvatore Musumeci