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Auto-purge chez les «progressistes»

Antoine Menusier

Par Antoine Menusier · Publié le 15 février 2019 · 4 min de lecture

Auto-purge chez les «progressistes»
La Ligue du LOL œuvrait dans le milieu le plus politiquement correct qui soit. - © Pixabay

En France, une trentaine de journalistes appartenant à des sites et journaux au-dessus de tout soupçon sexiste, ont lourdement fauté en harcelant pendant plusieurs années des femmes – et des hommes – sur les réseaux sociaux. Au-delà du sexisme, c’est le politiquement correct qui vole en éclats, avant peut-être de se durcir encore plus.

«On se doit d’être propre.» Ces mots, je les ai entendus mardi au cours d’une conversation. Ils sont ceux d’une femme de plus de 60 ans, française, juive, en commentaire du scandale de la Ligue du LOL touchant cette partie de la presse faisant en France profession de progressisme. «Quand on se réclame du progrès, on se doit d’être propre», disait-elle donc, rapportant une maxime reçue dans sa jeunesse, lorsque, comme la rescapée des camps Marceline Loridan-Ivens évacuant toute idée d’un Dieu céleste, elle adhéra au Parti communiste – l’Armée rouge avait libéré Auschwitz-Birkenau. Le PC fera beaucoup de déçus, mais cette morale restait valable mardi dernier, jour de nouvelles révélations dans l’affaire des harceleurs et de l’annonce d’une hausse de 74% du nombre d’actes antisémites en 2018 dans l’Hexagone.

Pour se régénérer, le Parti communiste, idéologie totalitaire, pratiqua longtemps la purge interne, l’auto-purge. Il est probable et même à peu près certain que le cas de conscience posé par la Ligue du LOL donnera pareillement lieu à une purge dans la presse concernée – Libération, Les Inrocks, Télérama, entre autres. A compter de 2010, divers collaborateurs de ces titres se sont acharnés sur les réseaux sociaux, principalement Twitter, contre des femmes au profil féministe offrant un angle vulnérable, et contre des hommes manquant à leurs yeux d’assurance.

Un contre-emploi total: comment des journalistes rattachés à des titres et sites clouant au pilori tout auteur de propos jugés sexistes, homophobes et racistes, où plus généralement une police de la pensée s’exerce à plein temps au nom du progressisme, ont-ils pu avoir des comportements à ce point contraires aux valeurs qu’ils défendaient par ailleurs, contre les «réacs», ne crachant pas sur l’insulte?

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