Des facs à Act Up, la jeunesse radicale française


Les radicalités, à gauche, sont à l’affiche: dans les universités, chez les zadistes de Notre-Dame-des-Landes en cours d’expulsion, et même dans la lutte contre le Sida. Anticapitalistes, anti-islamophobes, pro-migrants: tel est leur crédo. Alors qu’elles se font entendre et réprimer ici ou là par la force publique, qu’elles sont parfois la cible de groupuscules d’extrême droite, paraît une enquête sociologique liant islam et radicalité d’une partie des jeunes musulmans. Reportage et analyse.
Sommaire
Les idées révolutionnaires sont momentanément au pouvoir sur le site de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, rebaptisé «Commune libre de Tolbiac». Des étudiants réunis la semaine dernière en assemblée générale y ont voté le «blocage illimité». Ils demandent l’abrogation d’une loi déjà votée, instaurant une présélection des bacheliers à l’entrée à l’université et bridant les parcours d’études.
«Donnons une gâchette à nos espoirs», engage un graff en lettres ludiques, disposé à l’extérieur du bâtiment tel un panneau d’accueil. A l’intérieur, les murs sont couverts de directives et de slogans néo-situationnistes, de la veine de ceux de Mai 68 dont on commémore cette année le cinquantenaire. L’«amphi dodo» est, comme son nom l’indique, réservé au repos du bloqueur et de la bloqueuse.
Pour beaucoup, le resserrement des possibles au sortir du baccalauréat agit comme un étranglement existentiel: avec le bac seul, je ne vaux rien sur le marché du travail «quand Carrefour embauche à bac+3». Mort sociale à 17 ans, cauchemardent trois lycéens en section techno, venus de région parisienne rejoindre les «grévistes» de Tolbiac.




Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.