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Des facs à Act Up, la jeunesse radicale française

Antoine Menusier

Par Antoine Menusier · Publié le 12 avril 2018 · 5 min de lecture

Des facs à Act Up, la jeunesse radicale française
© 2018 Bon pour la tête / Antoine Menusier

Les radicalités, à gauche, sont à l’affiche: dans les universités, chez les zadistes de Notre-Dame-des-Landes en cours d’expulsion, et même dans la lutte contre le Sida. Anticapitalistes, anti-islamophobes, pro-migrants: tel est leur crédo. Alors qu’elles se font entendre et réprimer ici ou là par la force publique, qu’elles sont parfois la cible de groupuscules d’extrême droite, paraît une enquête sociologique liant islam et radicalité d’une partie des jeunes musulmans. Reportage et analyse.

Sommaire

Les idées révolutionnaires sont momentanément au pouvoir sur le site de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, rebaptisé «Commune libre de Tolbiac». Des étudiants réunis la semaine dernière en assemblée générale y ont voté le «blocage illimité». Ils demandent l’abrogation d’une loi déjà votée, instaurant une présélection des bacheliers à l’entrée à l’université et bridant les parcours d’études.

«Donnons une gâchette à nos espoirs», engage un graff en lettres ludiques, disposé à l’extérieur du bâtiment tel un panneau d’accueil. A l’intérieur, les murs sont couverts de directives et de slogans néo-situationnistes, de la veine de ceux de Mai 68 dont on commémore cette année le cinquantenaire. L’«amphi dodo» est, comme son nom l’indique, réservé au repos du bloqueur et de la bloqueuse.

Pour beaucoup, le resserrement des possibles au sortir du baccalauréat agit comme un étranglement existentiel: avec le bac seul, je ne vaux rien sur le marché du travail «quand Carrefour embauche à bac+3». Mort sociale à 17 ans, cauchemardent trois lycéens en section techno, venus de région parisienne rejoindre les «grévistes» de Tolbiac.

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