Montherlant sans masque

Il sera vendu aux enchères en novembre prochain. Estimation: 170'000 à 230'000 francs. - © Artcurial
S'ouvrir à la surprise de la redécouverte littéraire, artistique; changer de longueurs d’onde, prendre du champ, bref: se montrer in#actuel. Autrement dit, indocile. Une autre façon encore d’aborder l’actualité.
Alors que cette année marque le 45e anniversaire de la mort d’Henry de Montherlant, le 7 novembre prochain, à Paris, chez Artcurial, sera dispersée aux enchères la collection d’antiques de l’écrivain. Vertige soudain du temps. Car avec cette annonce, c’est tout un passé de lectures et d’admiration qui brusquement ressurgit.
La nouvelle de son décès en 1972 avait fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le ciel des Lettres. Souffrant de plus en plus – il avait reçu sept éclats d’obus durant la Grande Guerre –, menacé de cécité et de paralysie, Montherlant, à l’exemple de ces Romains stoïciens qu’il admirait tant, avait choisi de s’ôter la vie. Le 21 septembre, il se tirait une balle à son domicile parisien. L’auteur des «Célibataires», de «La Reine morte», de «La Ville dont le prince est un enfant», avait 77 ans. Le jour choisi ne devait rien au hasard: cet «équinoxe de septembre», qui est aussi le titre de l’un de ses livres.
Comme plus tard lors de la mort d’André Malraux, le destin fit que je me trouvais à Paris. Je me souviens encore de mon émotion lorsque, le lendemain, je me rendis devant le n°25 du Quai Voltaire. L’immeuble où Montherlant venait de se donner la mort, assis dans le fauteuil dessiné par le peintre David et ayant appartenu au mobilier de Napoléon aux Tuileries, entouré des torses et des visages de marbre et de bronze proposés aujourd’hui à la vente.




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